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LES LIGNES DU MONDE – géographie & littérature(s)

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Michel BUTOR

Michel BUTOR & la représentation cartographique

Michel Butor a été un temps professeur de géographie, au début de sa carrière. Pas préparé à enseigner cette matière, il a dû beaucoup apprendre ; et parmi les étudiantes, charmantes, celle qui est devenue sa femme. Il a tiré de cette expérience une partie de la matière retranscrite dans Degrés qui évoque notamment un cours de géographie dans un lycée parisien.

« … Un globe terrestre »
(montrant celui qui s’empoussière sur l’armoire et dont personne ne se sert jamais)
« est une représentation fidèle mais incommode; il est nécessaire d’avoir des cartes, mais, comme il est impossible de faire coïncider le moindre fragment d’une surface plane et d’une sphérique, il y a nécessairement transposition, projection, selon des systèmes divers qui ont tous leurs inconvénients, déforment toujours certains aspects, si bien qu’il faudra toujours choisir, lorsqu’on étudie tel domaine, celui qui s’y rapporte le mieux, et toujours beaucoup se méfier, surtout des cartes qui prétendent représenter l’ensemble de la terre, essayer toujours de garder présent à l’esprit le genre de corrections que l’on doit leur apporter … ».

Michel BUTOR dans Degrés

Michel BUTOR & les rives du lac

Michel Butor connaît bien Genève. Il y a habité, il y a enseigné. Michel Butor y a observé les années, la ville et ses évolutions. Comme toujours, cultivé philosophe et géo-graphe il note.


l’île Rousseau

le bord de l’eau est un point de concentration naturel. Le périmètre d’une île impose à tous ses habitants une limite qu’ils ne pourront franchir qu’en s’entendant c’est dans une île qu’on peut espérer recommencer l’Histoire humaine, et c’est parce que la Corse est une Île que Rousseau essaiera d’y appliquer déjà les principes du contrat social. Mais, dira-t-on, une île est le contraire d’un lac! Et certes, il est très important que l’île soit absente du centre du lac de Genève. Nous en retrouverons lorsque le lac redevient Rhône, le petit archipel aménagé dans Genève même. Il est très important qu’au centre il faille suppléer une Île inventée (et c’est sans doute une des raisons qui lui ont fait préférer son lac natal au lac de Garde), mais les rives du lac jouent un rôle similaire à celui des rivages insulaires: elles opposent une frontière à la dispersion, obligent l’homme à s’accumuler. elles sont donc des lieux de naissance du langage de la société. L' »homme naturel » est englouti au fond du lac ; le bord du lac est la figure et le lieu de son émergence hors de l’animalité. Revenir au bord du lac, c’est revenir à l’invention du langage.

Michel BUTOR dans Genève dans son changement

Les mots-monde de Michel Butor [CARTES]

Michel Butor a publié plus de 1000 livres ; il n’est alors pas rare de tomber sur un volume qui nous était jusque-là inconnu ; un jour donc, un soldeur parisien, je trouve ces échanges, de plus pour mon bonheur très géographiques.

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Cartes

Montagnes chemins villages

autoroutes échangeurs

places rues gares faubourgs

îles forêts lacs et fleuves

les horizons de la tendresse

Michel BUTOR in échanges, carnets 1986

Michel BUTOR, cartographie des ‘Génies du lieu’ & autres satellites

Série 'Génies du lieu' & ouvrages satellitaires(cliquer sur la carte pour l’agrandir)

Michel BUTOR, Marc JURT & ‘La dérive des continents’

La dérive des continents

9) LA DÉRIVE DES CONTINENTS

Depuis les hublots électroniques de notre satellite à orbite variable, nous suivons à travers les nuages les mouvements de nos anciennes patries. Non seulement elles ont largué leurs amarres et sillonnent les océans méconnaissables, mais leurs proportions ont changé. D’immenses villes se sont développées où il n’y avait que villages, et les montagnes ont grandi en proportion, dépassant largement l’ancien Himalaya. Par contre certains déserts se sont amenuisés jusqu’à devenir des terrains de jeux parmi vignes et vergers arrosés par les nouveaux courants. L’évolution des espèces végétales s’est furieusement accélérée. Botanistes et jardiniers s’épuisent dans leurs essais de classement et d’utilisation. Les animaux vont sûrement suivre. Quant aux hommes de la surface leurs réactions diffèrent de plus en plus des nôtres. C’est chez eux l’aventure et chez nous la stabilité.

Michel BUTOR in Géographie parallèle

(collaboration avec Marc JURT)

Michel BUTOR & le lieu d’écriture

Pendant des années j’ai été obligé d’avoir un lieu fixe pour écrire, d’être installé; à tel point que lorsque je déménageais, ce qui m’est arrivé bien souvent, j’avais besoin de plusieurs semaines avant de pouvoir m’y remettre. Il était essentiel pour moi de neutraliser le lieu; autrement il m’ absorbait trop; j’étais fasciné. Cela n’avait pas trop d’inconvénients, car ma mémoire fonctionnait suffisamment pour que les idées demeurent en réserve dans ma tête. Avec les années, c’est devenu plus difficile; par compensation, j’ai eu besoin de moins en moins de temps pour me tailler un espace d’écriture dans un nouveau lieu.

Michel BUTOR in échanges, carnets 1986

Michel BUTOR & l’entre-deux

 

Où est tu Michel Butor ?

Je suis non seulement entre deux chaises mais entre deux sols, entre deux eaux

Mais entre deux terres, entre deux âges, mais entre deux ères

Je suis dans un faubourg de notre temps, en transit, je traîne de douane en douane,

Titube de gare en gare,

[…]

Je suis entre l’ici et le maintenant, entre l’ailleurs et le dorénavant, entre le centre

Et l’encore, entre la marge et le feu,

Je suis à proximité d’un aéroport.

Michel BUTOR, Extrait de Autoportrait des années 70

Les mots-monde de Michel Butor [ATLAS]

ATLAS (M. Butor) « Un atlas, c’est un livre qui est pour moi magique. C’est-à-dire que j’ouvre l’atlas et je me promène là-dedans. J’aime beaucoup les atlas modernes mais j’aime aussi beaucoup les atlas anciens. J’aime me promener dans la géographie du XIXè siècle ou du XXè siècle. Je n’ai pas beaucoup d’atlas, mais j’en ai quelques-uns ici et je les feuillette souvent. J’ai très souvent besoin d’identifier la place d’un lieu. En regardant où était l’endroit, je vais me promener un peu ailleurs. »

Michel BUTOR & il desiderio di far vedere le cose

E nello scrivere ho il desiderio di far vedere le cose. Così come con la scrittura vorrei far sentire il brusio del mondo…

In In viaggio con Butor, Michele Marziani

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