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LES LIGNES DU MONDE – géographie & littérature(s)

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Michel BUTOR

RABATÉ, PRUDHOMME, BUTOR, GRACQ & le paysage en train

On a une (et quelques autres : Jean Huuuugues Anglade… qui donne son nom au ciné du coin) gloire locale : Pascal Rabaté. Alors forcément on trouve ses BD à la bibliothèque du bourg aux deux châteaux. La semaine dernière j’emprunte Vive la marée, récit passant (on passe d’un personnage à l’autre de case en case, difficile à expliquer). J’y trouve une case de 2 personnages en train d’être en train, vers la mer. L’un, entre pâté et rillettes fait cette réflexion qui me fait écho à Gracq et Butor. J’ai interviouvé Michel Butor il y a quelques années, nous avions parlé de la façon de regarder le paysage en fonction des transports.

Rabate_Prudhomme

Vive la marée (Prudhomme et Rabaté) Lire la suite

Michel BUTOR & l’espace entre 2 villes

On n’est pas le même partout. L’équilibre entre 2 villes ; deux pôles ; et ce qui les relie : un fil de la vierge léger léger : le trajet en train. Il y a longtemps que cette vieille édition rose de 1994 (achetée sur conseil : « tu aimes le train, c’est un roman à lire dans le train, d’autant que tu prends souvent cette ligne » (fut un temps avec arrêt à Firenze, ville non mentionnée il me semble dans le roman)) passe d’étagère en étagère. Donc près de 20 ans après – laissé mûrir le livre, commencé une fois à l’époque, prêté plusieurs fois depuis – la litanie des gares, l’aller pour Rome.

car s’il est maintenant certain que vous n’aimez véritablement Cécile que dans la mesure où elle est pour vous le visage de Rome, sa voix et son invitation, que vous ne l’aimez pas sans Rome et en dehors de Rome, que vous ne l’aimez qu’à cause de Rome, parce qu’elle y a été, dans une grande mesure, qu’elle y est toujours votre introductrice, la porte de Rome, comme on dit de Marie dans les litanies catholiques qu’elle est la porte du ciel, ce qu’il faudrait absolument que vous sachiez, c’est pour quelles raisons Rome possède sur vous un tel prestige, et aussi comment il se fait que ce prestige ne possède pas suffisamment de solidité objective pour que Cécile puisse s’en faire consciemment, volontairement, l’ambassadrice à Paris, comment il se fait qu’Henriette, malgré tout ce que la Ville des Villes représente nécessairement pour elle, avec son catholicisme, ait pu considérer l’attachement que vous lui portez comme l’expression même de ce qu’elle vous reproche,

PARIS

15 place du Panthéon

CaptureplPantheon

Or ce n’est point la faute de Cécile si la lumière romaine qu’elle réfléchit et concentre s’éteint dès qu’elle se trouve à Paris; c’est la faute du mythe romain lui-même qui, dès que vous vous efforcez de l’incarner d’une façon décisive, si timide qu’elle demeure malgré tout, révèle ses ambiguïtés et vous condamne. Vous équilibriez votre insatisfaction parisienne par une croyance secrète à un retour à pax romana, à une organisation impériale du monde autour d’une ville capitale qui ne serait peut-être plus Rome mais par exemple Paris. Toutes vos lâchetés, vous leur trouviez une justification dans l’espoir où vous étiez que pourraient se fondre ces deux thèmes.
Une autre femme que Cécile aurait elle aussi perdu ses pouvoirs; une autre ville que Paris les lui aurait aussi fait perdre.

ROME

56 via Monte della Farina

CaptureRome

Vous dites : il faudrait montrer dans ce livre le rôle que peut jouer Rome dans la vie d’un homme à Paris; on pourrait imaginer ces deux villes superposées l’une à l’autre, l’une souterraine par rapport à l’autre, avec des trappes de communication que certains seulement connaîtraient sans qu’aucun sans doute parvînt à les connaître toutes, de telle sorte que pour aller d’un lieu à un autre il pourrait y avoir certains raccourcis ou détours inattendus, de telle sorte que la distance d’un point à un autre, le trajet d’un point à un autre, serait modifié selon la connaissance, la familiarité que l’on aurait de cette autre ville, de telle sorte que toute localisation serait double, l’espace romain déformant plus ou moins pour chacun l’espace parisien, autorisant rencontres ou induisant en pièges.

Donc

Le mieux, sans doute, serait de conserver à ces deux villes leurs relations géographiques réelles

—–

NB : c’est au bas de la page 241 que : impossible de ne pas tenter de lui expliquer pour quelles raisons s’est produite cette modification,

Habiter / Voyager / Regarder (Vracs d’entretiens avec Michel BUTOR)

Les extraits présentés ici sont des morceaux qui n’ont pas trouvé leur place dans le long entretien que m’a accordé Michel Butor en 2007. Ils ont été entrecoupés d’anecdotes racontées par Michel Butor.
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« Si vous voulez, je suis un autodidacte de la géographie. »
(Michel Butor)

Anecdote 1 : HABITER :

Depuis que nous avons des chiens, nous en avons eu plusieurs successivement, parce que ça ne dure pas très longtemps. Alors celui-ci, c’est le quatrième chien. On en a d’abord eu un qui s’appelait Jonas, ensuite, une très belle colley d’Ecosse qui avait le défaut d’être épileptique qui s’appelait Fanny, et puis ensuite un black retriever qui s’appelait éclair. Qui était un éclair noir, tout noir. Et puis celui-ci. Ce sont tous des chiens perdus. Les trois premiers venaient de la société protectrice des animaux, celui que nous avons maintenant appartenait à une de mes nièces qui habite dans un appartement parisien, et quand elle a eu un second bébé, elle n’a pas pu le garder. Elle nous a demandé de le recueillir. Et puis il y en a un tout petit aussi qui appartient à une de mes filles.

A. D. : Les gens ici [à Lucinges et aux environs], ont-ils plutôt une appartenance française, ou suisse, ou c’est différent ?

Les gens qui vivent à Lucinges sont en gros des Français, mais une bonne partie de ces Français travaillent à Genève, ce sont des frontaliers. Ils vont à Genève tous les jours. Et puis il y a maintenant une population suisse importante. Sur la commune de Lucinges, il doit y avoir à peu près un quart de suisses, mais vous voyez, j’ai tort de dire des Suisses, je devrais dire des Genevois. Parce qu’on n’est pas Suisse, les Suisses appartiennent à un canton. La Suisse est un état fédéral et les différences entre les cantons sont plus importantes encore que les différences entre les états américains, les différences de législation. C’est tout petit mais c’est l’exemple même d’une fédération qui ne fonctionne pas trop mal. Alors, il y a à peu près un quart de la population de Lucinges qui est des Genevois. Auparavant, quand on travaillait à Genève, on devait vivre sur le canton de Genève. On ne devait même pas vivre en Suisse, on devait vivre sur le canton de Genève. Il y avait un certain nombre d’exceptions, il y avait deux exceptions : c’était les Français voisins, qu’on appelle les frontaliers – mais il faut un certain nombre de conditions – et puis les membres des Organisations Internationales. Vous voyez, il y a une centaine d’Organisations Internationales à Genève. Les membres des Organisations Internationales peuvent vivre à l’étranger. Et l’étranger ici, c’est la France. La plupart d’entre eux vivent dans le pays de Gex. C’est-à-dire, dans le Jura, de l’autre côté. Et à Ferney-Voltaire et dans un certain nombre de localités autour. Les gens qui travaillent dans les Organisations Internationales sont des gens riches. Ils sont en général bien payés. Donc autrefois, c’était comme ça. Maintenant, il y a eu ce qu’on appelle les accords bilatéraux entre la France et le canton de Genève, pas entre la France et la Suisse, entre la France et le canton de Genève. Avec évidemment l’aval de Berne. Parce que c’est Berne, c’est la fédération qui contrôle les affaires étrangères et l’armée. Alors depuis ces accords bilatéraux, les Suisses ont le droit de vivre en France. Auparavant, il y a quelques années, il y avait déjà beaucoup de Genevois qui avaient des résidences secondaires ici. Mais ils étaient obligés d’avoir une résidence principale à Genève qui pouvait être toute petite. Ils pouvaient avoir une toute petite résidence principale et une très importante résidence secondaire puisque ce sont des gens riches. Les maisons les plus belles ici appartiennent à des Genevois. Maintenant ce sont les mêmes, mais ils sont officiellement résidents à Lucinges. La population a augmenté, vous voyez. Elle n’a pas augmenté en réalité, mais elle a augmenté administrativement parce que les genevois qui vivaient déjà ici ont le droit maintenant de vivre ici, et donc ils sont mis sur la liste.

A. D. : Je trouve ça fascinant. Parce que finalement on est encore en France, mais on est tout près de la Suisse et Genève c’est quelque chose d’aussi quotidien pour les gens ici qu’Annemasse, enfin on passe la frontière mais on n’a pas vraiment l’impression de la passer.

Les frontaliers passent la frontière tous les jours. Ils sont beaucoup moins loin de leur travail à Genève qu’un banlieusard parisien. Beaucoup moins.

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Michel Butor et le livre-monde / 2 – LES GRANDS TRAITS DU PROJET « BUTORIEN » (2).

La démarche de Michel Butor est une démarche d’appréhension et de description du monde. Il veut dépasser son statut d’occidental, il rêve d’interculturalité et de transculturalité. M. Butor pratique une écriture qui voit le monde et notre rapport au monde se transformer. Cette écriture devient une réflexion sur la condition humaine des années 1950 – 2000 alors que le monde devient de plus en plus accessible. Il recherche des formules pour rendre compte de cette condition mondialisée de l’homme et expérimente des formes littéraires en rapport avec son expérience du monde, du territoire, des autres cultures, et par rapport à un temps qui est celui de la mondialisation et de l’interactivité. Cela ne se limite pas à une forme d’écriture mais engendre aussi des signatures typographiques et des essais graphiques pour rendre sensible des lieux et des rapports entre les lieux. M. Butor est engagé dans une condition contemporaine d’écrivain qui n’est plus l’écrivain enraciné dans un lieu et enclavé dans un genre, c’est un écrivain qui essaie de rendre compte d’une expérience de déterritorialisation – démarche aux antipodes de celle de l’écrivain régionaliste. « On notera la volonté butorienne d’incorporer à l’écriture les moyens techniques offerts par le monde contemporain : audio-visuels en l’occurrence qu’il s’agisse de la radio, de la chaîne stéréo, du cinéma, de la télévision, le zapping… »[1]  Cela fait référence à ses œuvres radiophoniques et stéréophoniques, mais on pourrait ajouter maintenant Internet à cette liste.

Ses expériences d’écriture accompagnent donc les changements de notre relation au monde. Il esquisse un nouveau rapport au monde, une nouvelle façon de le parcourir qui se développe depuis les années 1950 – L’itinéraire disparaît pour laisser place à des lieux – et évoque pleinement la mobilité qui est une des conditions nouvelles de l’homme moderne. « La recherche de Butor se veut planétaire, tournée vers le plus lointain passé (aborigènes, indiens Zunis) comme vers une possible représentation de l’avenir (système fouriériste, La Rose des vents, publié comme en écho aux utopies de Mai 68 durant lequel Butor a présidé quelques comités d’écrivains revendicatifs). » [2] Butor compose ainsi une « figure étonnamment moderne, celle du curieux. »[3]


[1] Teulon-Nouailles B., Michel Butor un oiseau migrateur (l’écriture en voyage), Butorweb.

[2] Ibid précédente

[3] M. Gazier, In Télérama n°2183, 13 nov. 1991

Michel Butor et le livre-monde / 2 – LES GRANDS TRAITS DU PROJET « BUTORIEN » (1).

LES GRANDS TRAITS DU PROJET « BUTORIEN » de retranscription du monde. Comme le dit M. Spencer, le projet de Michel Butor est de « transformer la façon dont nous voyons et racontons le monde »[2]. Par ailleurs, Michel Butor entretient une relation particulière avec la planète, relation qu’il imaginerait volontiers holistique : « […] tous les textes de Butor procèdent de la même passion méthodiquement assumée : celle de devenir son propre contemporain ou, ce qui revient au même, citoyen du monde à part entière. »[3] Michel Butor se sent concerné par le Monde et par sa diversité, c’est ce qui le fait aller voir les Aborigènes d’Australie ou les Indiens d’Amérique du Nord pour les rencontrer et raconter une certaine relation qu’ils entretiennent avec la Terre, pour étudier la façon dont les lieux antipodiques peuvent être mis en relation : « De là chez Butor une défense et illustration passionnée des marginalités et un dialogue des cultures avec son corollaire : le parti très tôt affirmé d’envisager le monde non plus exclusivement de Paris, New York ou Genève, mais à l’inverse, selon une perspective réciproque et multipolaire qui prescrit, pour éviter l’hégémonie de tel ou tel centre, de tisser des réseaux entre foyers, de multiplier les canaux de toutes sortes, – bref : de conjoindre le Génie du lien au Génie du lieu»[4]


[1] Le Sidaner J. M., Michel Butor voyageur à la roue, Encre, Paris, 1979.

[2] Spencer M., Site, citation et collaboration chez Michel Butor, Sherbrooke, Canada, 1986. (p.15)

[3] Dallenbäch In Avant propos in Dallenbäch L. (dir.), Butor aux quatre vents, José Corti, Paris, 1997. (p.20)

[4] Ibid précédente

Michel Butor et le livre-monde / 1 – MICHEL BUTOR EN VOYAGEUR.

MICHEL BUTOR EN VOYAGEUR. En parallèle à ses activités d’enseignant et d’écrivain, Michel Butor voyage soit de façon professionnelle (pour participer à des colloques ou donner des conférences), soit de façon exploratoire. Il parcourt ainsi le monde, voyage sur les cinq continents.  Il se rend ainsi comme professeur invité au Japon, en Australie, aux Etats-unis, donne des conférences au Brésil, en Chine, au Pérou, en Russie, au Burkina Faso. Il est nommé professeur à Minieh (en Egypte), à Salonique, à Nice, à Genève. Il effectue des voyages personnels (non contraint par un impératif professionnel) en Allemagne, Zimbabwe, Ethiopie, Asie du Sud-Est, Espagne, Italie…

Ces déplacements qui l’entraînent dans la plupart des pays de monde lui fourniront la matière des cinq volumes de Génie du lieu, , Boomerang, Transit, Gyroscope. D’Amérique du Nord il rapporte deux livres fondamentaux : Mobile, 6 810 000 litres d’eau par seconde. Si des livres ont été le résultat d’un certain nombre de ces voyages, beaucoup d’autres équipées sont restées sans véritables suites ou à peine évoquées (les pays d’Europe de l’Est, d’Afrique Noire).

Les mots-monde de Michel Butor [ITINEROGRAPHIE]

Comme j’ai laissé un peu de coté ces pages depuis quelques temps, je m’y remets. Je fouille dans le dossier Butor de l’ordinateur. Jacques Roubaud donne des noms à ses ordinateurs (Mandy si je me souviens bien). Il faudrait que j’en trouve un aussi, doux pour alternative à « Allez Pépère » ou « Merde, tu te magnes un peu » qui ne le font pas aller plus vite. Bref je trouve dans Pépère ce texte tiré je ne sais plus d’où.

ITINÉROGRAPHIE pour Roberto Altmann

Dans un pays qui a les dimensions d’un royaume d’autrefois, le marcheur aventureux rassemble au matin quelques provisions, monnaies, instruments, cartes au besoin, puis s’embarque en son mouvement souple pour répondre aux sollicitations du lieu. A chaque chant d’oiseau il pourra tourner à droite; à la première motocyclette il faudra par exemple monter une pente, à la seconde redescendre. Les inscriptions joueront un rôle décisif suivant le nombre de leurs mots, de leurs lettres s’il n’en est qu’un, le fait qu’ils commencent par une voyelle ou une consonne. Alors il ramassera un caillou, cueillera une fleur, prélèvera une branche, prendra une photo ou un croquis, écrira un mot sur un carnet, sur sa main ou sur une pierre, ou toute une phrase, toute une page, disposera les signes d’une piste qu’il retrouvera peut-être le lendemain, ou huit jours, ou un an plus tard. Sur le territoire qu’il explore ainsi par un entrelacs de chemins toujours inattendus, il dépose pour lui-même toutes sortes de marques disant : rentre chez toi, ou bien; ne rentre pas chez toi ce soir, mange le plus tôt ou le plus tard possible, ramène la récolte et range-la, ou bien inscris son catalogue sur ton carnet et disperse-la, ou abandonne-la ici près d’autres laissées autrefois, sans rien inscrire, ou bien inscris ce qui reste de ce trésor d’antan, dessine-le, photographie-le, peins-le, ou rentre chez toi pour le décrire, le peindre, le photographier ou le dessiner, ou l’horizon encore, ou les nuages, ou les rencontres, ou les mots, les images, les souvenirs ou tout ce qui vient à l’idée.

Ainsi le pays devient peu à peu livre à innombrables pages qui se feuillettent elles-mêmes en pages innombrables, et l’itinérant lui-même phrase qui se faufile entre les lignes et les signes, parfum qui répond aux couleurs qui répondent aux sons qui répondent aux parfums dans un livre-atelier qui a les dimensions non seulement d’un royaume d’autrefois, mais du voyage futur.

Michel BUTOR

Michel BUTOR & l’espace

Institut de géographie de Paris. J’écoute le géographe, il dit en substance (de mes souvenirs) que Michel BUTOR est l’écrivain de la mondialisation, celui qui l’accompagne depuis 1/2 siècle et en rend compte. Butor évoque les lieux, mais les lieux dans l’espace, dans leurs sites et situations (distinguer site et situation est une des premières choses qu’on apprend en fac de géo), des lieux dans leur évolution au sein de ce monde nouveau.

La thématique de l’espace est évidemment centrale dans [l]a production romanesque [de Michel Butor] que l’on songe à l’importance de l’immeuble de Passage de Milan ou à celle, mythique dans notre littérature contemporaine, du compartiment dans lequel se dèroule La Modification ; sa réflexion critique et ses lectures creusent volontiers ce thème dans les œuvres littéraires et artistiques; plus nettement encore son écriture s’est trouvée transformée des recherches qu’il a consiguées dans les textes de la série du Génie du Lieu et dans ceux qui rendent compte d’espaces particuliers: Venise, les Etats-Unis d’Amérique, ou les chutes du Niagara. L’Espace est ainsi dans l’oeuvre de Michel Butor un thème et un problème.

Raphaël MONTICELLI dans Approche du continent Butor

Michel BUTOR & le génie du lieu

Toujours en exploration dans l’inépuisable Butor (l’homme semble l’être autant que son œuvre) je retrouve ce par quoi il aurait fallut commencer : ce génie du lieu qui donne son nom à une série de 5 livres.

On n’est pas le même partout. […] Certains lieux sont particulièrement actifs, révélant des parties de nousmêmes que nous ignorions; c’est ce que j’appelle leur « génie », m’appuyant sur la tradition latine. Souvent c’est parce qu’ils sont façonnés par l’homme, qu’ils sont la matérialisation d’une culture ou d’une époque. Parfois un grand artiste, un architecte par exemple, les a façonnés ; mais la plupart du temps ils se sont mis à plusieurs et les époques se superposent. Parfois ce sont des écrivains qui ont décrit telle ville, et dont nous avons l’impression de retrouver le texte à tous les coins de rues.

Michel BUTOR dans Michel Butor par Michel Butor

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