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LES LIGNES DU MONDE – géographie & littérature(s)

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Italo CALVINO & la carte

La forme la plus simple de la carte géographique n’est pas celle qui nous apparaît aujourd’hui comme la plus naturelle, c’est-à-dire la carte qui représente la surface du sol telle que vue par un œil extraterrestre. Le premier besoin de fixer les lieux sur la carte est lié au voyage : c’est le mémento de la succession des étapes, le tracé d’un parcours. Il s’agit donc d’une image linéaire, telle qu’elle peut être donnée seulement sur un long rouleau.

Italo CALVINO in Le voyageur dans la carte in Collection de sable

Philippe JACOTTET & le cadastre des contrées

je ne veux pas dresser le cadastre de ces contrées, ni rédiger leurs annales : le plus souvent ces entreprises les dénaturent, nous les rendent étrangères ; sous prétexte d’en embrasser la totalité, d’en saisir l’essence, on les prive du mouvement, et de la vie ; oubliant de faire une place à ce qui en elles se dérobe, nous les laissons tout entière échapper.

Philippe JACOTTET in Paysage avec figures absentes

Michel BUTOR & l’atlas

« Enfant amoureux de cartes et d’estampes », encore aujourd’hui je puis rester des heures à voyager d’une page à l’autre, cueillant les noms, imaginant des paysages. Ayant quelque peu bourlingué, cette représentation est de plus en plus précise et forte.

Michel BUTOR In Michel Butor par Michel Butor, p. 14

Michel BUTOR & le lieu

Un jour, près des Voirons, début novembre, le 3 ou le 4 je crois, un week-end, j’ai branché le dictaphone (dont la petite taille l’épate), et je déroule mes questions, et j’écoute ses réponses, dont celle-ci sur le lieu.

Un lieu, c’est une donnée tout à fait générale. C’est l’endroit où on se trouve. Où on se trouve soit même, ou bien l’endroit où se trouvent d’autres personnes. C’est toujours l’endroit où se trouvent des gens. Même si ce sont des déserts. Si ce sont des déserts, les gens… D’abord il y a des gens qui vivent dans les déserts. Et même les déserts où personne ne vit, nous les connaissons à cause des gens qui vivent à côté et qui de temps en temps vont à l’intérieur. Donc c’est toujours lié à la question générale de l’habitation si vous voulez. L’espace lui-même, l’espace interplanétaire est un lieu parce que nous commençons à y aller et puis parce que nous le regardons, nous l’étudions.

Michel BUTOR in http://www.cybergeo.eu/index9952.html

Peter HANDKE, ‘Lent retour’.

Découvert récemment, cet auteur. Par le gardien de but. Ce Lent retour qui n’est plus édité est trouvé par le plus grand hasard dans la petite bibliothèque de la ville aux 2 chateaux. Livre riche en géographie, on y reviendra. Une belle entrée, non ?, pour ce site.

Pendant la journée, grâce à son travail, il ne faisait plus qu’un avec lui-même et le paysage, il était « sur le motif « , il avait devant lui le lieu qu’il s’était choisi (« township »), c’est ainsi que s’appelait le terrain quadrangulaire, inhabité, sauvage où il exerçait son activité).

Peter HANDKE in Lent retour.

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