J’ai parcouru ce matin, un article sur le fait que facebook ne servirait que peu les intérêts des éditeurs dans le relais l’information. Contre exemple (il faut un bon réseau) : à force de voir passer des posts sur et de Charles Robinson, j’ai pris un de ses livres à la bibliothèque : Dans les cités. J’ai accroché immédiatement (j’aime bien la littérature quand elle tire du côté de Perec ou de Pireyre, qu’elle balance entre l’essai et le roman). Et j’ai un peu fréquenté des cités fut-un temps. Et aussi, comme j’ai fait des études d’architecture puis de géographie, ce livre me parle. Je me dit même qu’on devrait le faire lire aux étudiants de l’une ou l’autre de ces disciplines.

 

Qu’est-ce qu’une ville ?

Qu’est-ce qu’une ville ? Un territoire, un accélérateur de liens et de sociabilité, un attracteur de flux (financiers, touristique, commerciaux), un fouillis d’histoires et de noms, des cinémas, des perturbations et des parcours multiples, des voies rapides et des rues piétonnes, des zones de marchandises, de chalandise, de fainéantise. Dès densités. La forme de la ville et incessamment travaillée. On rase une rue, une avenue, un jardin. Les bâtiments, on les remplace . N récession. On creuse. On supprime un faubourg. On passe des habitations aux bureaux, des bureaux aux commerces, des commerces aux loisirs. On est toujours dans la ville, mais le ventre de la ville est redistribué. Une ville est alchimique. Des ingrédients divers et nombreux y sont versés, grâce auxquels il se produit toujours une réaction quelque part. On lâche des célibataires en masse et ils s’ennuient, alors ils créent une vie de quartier dont n’ont pas besoin de jeunes couples avec deux enfants.
Ce sont ses usages qui fabriquent la ville.

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L’urbanisme et l’architecture

L’urbanisme et l’architecture sont connectés à toutes les dimensions de la vie. Économique. Familiale. Amoureuse. Psychique. Il faut tout irriguer. On ne dessine pas des rues, on crée des possibilités.

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Les cités

Les cités, rappelle GTA, regroupent des logements concentrés sur un nombre de bâtiments réduit et autant que possible à l’écart de la commune d’accueil. Une friche en périphérie. Cette configuration se retrouve dès les premières constructions, qui répondent à la pression démographique, aux flux migratoires de la campagne vers la ville, du sud vers le nord. Les grands ensembles. L’après-guerre. On innove. On édifie une France inouï dans le cadre du schéma d’aménagement et d’urbanisme régional. Un programme d’État piloté de main de maître dès 1965 par des ingénieurs-urbanistes qui vont s’affranchir de toutes les contraintes passées.
La ville nouvelle est rationnelle et fonctionnelle. Elle accomplit une mission clairement assignée, orchestrée par zones : ici on se loge, ici on travaille, ici on se détend. Elle croît le long des axes de transport (autoroutes, RER) qui forment sa colonne vertébrale. Son urbanisation est discontinue, en chapelets ou archipels autonomes, séparés par des bois, des vallons, une rivière, des bassins, des friches industrielles et des voies rapides. Elle est constituée de nombreux sites, de nombreux logements sociaux étalés, de nombreuses pistes cyclables. Elle est pratique, avec ses nombreux équipements. Elle est efficace. Rien de commun avec ces vieux machins historiques qui cocottent l’oppidum. La ville nouvelle est un laboratoire de ce qui vient, un vaisseau extraterrestre débarqué du futur. Installée à la périphérie, elle tourne le dos aux bourgs et ce sont eux qui s’effondreront. Important. Du point de vue de l’ingénieur-urbaniste, c’est la ville ancienne qui est menacé. D’ailleurs la ville nouvelle déborde sur une ou deux dizaines de ses communes séculaires.

 

Dans les cités, Charles ROBINSON