On a une (et quelques autres : Jean Huuuugues Anglade… qui donne son nom au ciné du coin) gloire locale : Pascal Rabaté. Alors forcément on trouve ses BD à la bibliothèque du bourg aux deux châteaux. La semaine dernière j’emprunte Vive la marée, récit passant (on passe d’un personnage à l’autre de case en case, difficile à expliquer). J’y trouve une case de 2 personnages en train d’être en train, vers la mer. L’un, entre pâté et rillettes fait cette réflexion qui me fait écho à Gracq et Butor. J’ai interviouvé Michel Butor il y a quelques années, nous avions parlé de la façon de regarder le paysage en fonction des transports.

Rabate_Prudhomme

Vive la marée (Prudhomme et Rabaté)

(Moi) – Julien Gracq disait à propos du voyage en train :« Enfant, dans un wagon, je n’imaginais pas être autrement qu’à la fenêtre à regarder ce qui se passait. Je retenais bien, je notais des différences assez subtiles et je les gardais en mémoire ». Cela reprend la façon que vous aviez de regarder le paysage en train ?

(M. Butor) – Oui. Mais alors le paysage en train, on le voit défiler latéralement. Il défile d’un bout à l’autre de la fenêtre. Quand on est en voiture, le paysage vous arrive par devant. Ce n’est pas du tout pareil. Quand on est en voiture, la vision de face fait qu’on entre dans le paysage. Alors évidemment on regarde surtout la route, et avec la route il y a toutes sortes de choses. En général, c’est ma femme qui conduit. J’ai conduit un peu mais très mal. Alors c’est elle qui conduit, moi je suis à côté. Et je regarde le paysage, j’en profite. Le paysage m’arrive comme ça, c’est tout à fait autre chose. Dans le train, c’est latéral. Quand on est derrière dans une voiture, on regarde aussi latéralement. C’est deux mouvements du paysage profondément différents. En ce qui concerne l’avion, quand on a la chance d’être près d’un hublot, on voit le paysage en bas, on a le sentiment d’être très au-dessus et on voit le paysage un peu comme une carte de géographie. C’est le même sentiment, c’est une carte de géographie mais qui est en vrai. Quand on va en avion à basse altitude, on a encore une autre façon de percevoir le paysage.

Quelques éclaircissements sur la relation de Michel Butor à la géographie.

Entretien avec Michel Butor

sur le site Cybergéo

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