Après avoir lu le Roman de Bolaño, il fallait bien découvrir l’écriture de Bolaño. Donc ce fut pendant les vacances dans la Somme, et par Etoile distante. Presque polar chilien, sur cette période autour de 1973. la liberté et la dictature. Depuis longtemps je m’intéresse à ce basculement -déjà dans la banlieue d’enfance, j’avais emprunté les aventures de Miguel Littin clandestin racontées par Garcia-Marquez-. Avant de peut-être mais c’est gros tenter les 2 pavés, Bolaño nous parle d’une maison des cartes.

Cette maison, c’était moins des livres qui l’occupaient, que des cartes. C’est ce qui avait attiré tout d’abord notre attention, à Bibiano et à moi : qu’on y trouvât si peu de livres (en comparaison, la maison de Diego Soto ressemblait à une bibliothèque) et autant de cartes. Des cartes du Chili, d’Argentine, du Pérou, des cartes de la cordillère des Andes, une carte routière d’Amérique centrale dont je n’ai plus jamais revu d’exemplaire, éditée par une Église protestante nord-américaine, des cartes du Mexique, des cartes de la conquête du Mexique, des cartes de la révolution mexicaine, des cartes de France, d’Espagne, d’Allemagne, d’Italie, une carte des voies ferrées anglaises et une carte des voyages ferroviaires de la littérature anglaise, des cartes de Grèce et d’Égypte, d’Israël et du Proche-Orient, des plans de la ville de Jérusalem ancienne et moderne, des cartes de l’Inde et du Pakistan, de la Birmanie, du Cambodge, une carte des montagnes et des fleuves de Chine, une des temples shintoïstes du Japon, une carte du désert australien et une autre de la Micronésie, une carte de l’île de Pâques et un plan de la ville de Puerto Montt, dans le sud du Chili.

Il avait beaucoup de cartes, comme souvent en ont ceux qui désirent ardemment voyager et ne sont pas encore sortis de leur pays.

R. Bolaño, Etoile distante