Comme ça passe sur le fil FB, forcément ça m’interpelle. Je clique, je lis. L’article et pourquoi pas l’Autour du monde. J’y fais une note, sur FB. L’article me revient en boomerang sur twitter. Et cela me rappelle une question à Frédéric-Yves Jeannet, sur le lieu où habiter justement, et ce qui influe sur le choix et un extrait sur New-York, seul lieu habitable.

Là, ça fait neuf ans que je suis à Toulouse. On est venus parce que ma femme, ­librai­re, a trouvé du travail ici. Mais on aurait aussi bien pu aller ailleurs. Je ne me sens pas forcément attiré par un lieu. Je suis originaire de Touraine. C’est un endroit qu’on ne revendique pas. On n’est pas fier d’être ­tourangeau, c’est assez neutre. Alors qu’en vivant dans le Sud je découvre que les gens ont une véritable ­fierté d’être toulousains. Ce sentiment m’est étranger. A la ­limite, le seul endroit où je peux me sentir comme faisant partie du décor, c’est Paris, parce que tous les gens que je connais y vivent ou y passent. Paris est un lieu où l’appartenance n’est pas une question. La seule chose qui a déménagé avec moi, c’est mon bureau, que j’ai depuis l’enfance. Il m’a suivi, sauf les années où je vivais en chambre de bonne. Mon territoire, mon terrain d’appartenance, j’ai l’impression qu’il se limite à ce meuble, que j’ai dû rehausser avec des briques au fil du temps, pour qu’il grandisse avec moi. »

C’est le récit des lieux qui m’intéresse, pas les lieux en eux-mêmes. De la même façon, je ne peux pas écrire dans un lieu trop chargé.

Laurent MAUVIGNIER : “Toulouse est une ville dure”sur le site de Télérama