Plongé dans la préparation d’une visite-conférence sur les romans tourangeaux de Balzac, je coupe les citations, je les recouds ailleurs, je retrouve cet extrait. Je l’ai peut-être déjà mis ici celle là, de citation !?! En résumé : la mélancolie au bord de l’eau, la profondeur des sentiments en altitude… On y croit… ou pas.

L’influence exercée sur l’âme par les lieux est une chose digne de remarque. Si la mélancolie nous gagne infailliblement lorsque nous sommes au bord des eaux, une autre loi de notre nature impressible fait que, sur les montagnes, nos sentiments s’épurent : la passion y gagne en profondeur ce qu’elle paraît perdre en vivacité. L’aspect du vaste bassin de la Loire, l’élévation de la jolie colline où les deux amants s’étaient assis, causaient peut-être le calme délicieux dans lequel ils savourèrent d’abord le bonheur qu’on goûte à deviner l’étendue d’une passion cachée sous des paroles insignifiantes en apparence.

H. de Balzac, La Femme de trente ans