Bon, si ce livre avait parlé de parfum à la Renaissance, je ne sais pas si … mais là, un peu de géographie au XIXè siècle (Humboldt & Gauss), cela m’intéressai d’y jeter un …. Bon ça casse pas des briques, ça se lit tranquille, tout n’est peut-être pas juste mais ça met dans l’ambiance, un minimum. Et quelques belles phrases, tout de même.

Un homme qui ne déterminait pas à chaque instant sa position géographique ne pouvait pas se déplacer.

Seule une chose était sûre : l’espace était plissé, courbe et extrêmement étrange.

[…] des lignes, il y en avait partout, dit Humboldt. C’était une abstraction. Là où il existait l’espace en soi, il existait des lignes.

Quand on  y réfléchissait bien, l’endroit le plus proche, c’était ici.

Ce pays était si grand que les distances ne signifiaient plus rien. Elles faisaient place aux mathématiques abstraites.

[…] il connaissait la région mieux que personne, après tout c’est lui qui l’avait fixée sur les cartes. Il avait l’impression qu’il n’avait pas simplement mesuré, mais aussi inventé cette contrée, comme si elle était devenue réalité que grâce à lui. Là où tout n’était qu’arbres, mousses, pierres et hauteurs herbeuses s’étendait désormais un réseau de lignes droites, d’angles et de nombres.

Daniel KEHLMANN, Les Arpenteurs du monde