Lu la planète-île de Laure Morali. Pris l’air donc, au bout ou y’a encore du bout à n’en plus finir cette terrasse au bout du monde, mais c’est quoi le bout du monde, certainement pas sa fin ou son début ou quoi que ce soit […]. Le finistère n’est pas une fin en soit, c’est le début d’un autre monde, juste ; un monde entre rêve et voyage ; imagination et ailleurs. Poncif mais ainsi. Prends le rouleau de la vague, porté par l’écume le ressac et c’est déjà l’Amérique.

 

L’eau, l’air, la terre réinventent plusieurs fois par jour leurs combinaisons aux possibilités infinies selon les marées, les dépressions, les anticyclones, les équinoxes, les solstices, les courants, les glaciations puis les fontes, le passage des oiseaux et des hommes migrateurs, les flux de l’eau douce vers l’eau salée, les éclipses. Ils façonnent une œuvre chaotique éclatante, la délicatesse de la dentelle appliquée à la force mâle des rochers.

Cette île est une planète.

[…] dans la ville quadrillée par les lettres de l’alphabet […]

Un goéland nous suivait, ramenant dans ses plumes la lumière cachée, nageait, les pattes palmées coulissantes, sentait les courants glisser des fjords du Saguenay à ceux du cap Horn, les trois-mâts barques en maquette zigzaguant sous le 50ème parallèle, lui s’en souvenait, le goéland notre phare immobilisait le temps, repliait les cartes jusqu’à faire coïncider les latitudes sud et nord, le début du 20ème et celui du 21ème siècle, […].

Tout le monde est d’accord pour dire que l’île cache un aimant et que cet aimant nous piège. Que peut-on faire pour ne pas ignorer que le monde s’agrandit autour de nous ? Il est rassurant de rester. Il est impossible de rester.

L’attachement que j’éprouve envers mon île n’a pas grand-chose à voir avec l’enfance finalement, il se résume au soleil. On le voit bien d’ici, on ne le perd jamais de vue.

cette terrasse au bout du monde, mais c’est quoi le bout du monde, certainement pas sa fin ou son début ou quoi que ce soit […].

Laure MORALI, Comment va le monde avec toi