Lu le livre, comme un polar. Bien accroché dès le début (je ne lis pas beaucoup de romans américains, sinon) par la petite mise en abyme, par l’écrivain qui raconte ce qu’il va écrire, le roman de la possibilité d’un roman, en quelque sorte. Pensais pas trouver la géo, n’avais pris qu’un marque-page, obligé de le déchirer pour marquer cette page 75. Et comme pour nous rappeler que le paysage est une vue de l’esprit, cette phrase un peu plus loin dans le livre : Alors peu à peu sa folie a pris le pli du paysage.

Dwayne expliquerait son histoire, et peut-être même un peu plus que son histoire, peut-être les sentiments d’amertume et de trahison qui allaient avec, qu’il avait tout quitté, que maintenant il était là, démuni, sans plus rien qu’une voiture et un oncle attentif qui déjà avait recommandé un Whisky, lui disant qu’il pouvait compter sur lui, que bien sûr il pouvait l’héberger là, dans sa villa de Norton Shores, mais que le mieux pour lui, Dwayne, c’était un petit chalet qu’il possédait plus au nord, du côté du lac Huron. Je ne sais pas si c’est très clair géographiquement, que là, ils sont sur les bords du lac Michigan, à deux cents miles à l’ouest de Détroit, alors que le chalet se trouve à quarante miles de Détroit mais plus au nord, puisque le lac Huron se trouve au nord du lac Michigan. D’une manière générale, il faut dire, c’est toujours un problème d’expliquer les distances dans un roman. Si ça ne tenait qu’à moi, je publierais dans mon propre livre une carte de la région avec les déplacements des personnages, pour être sûr que tout soit clair.

Tanguy VIEL, La Disparition de Jim Sullivan