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LES LIGNES DU MONDE – géographie & littérature(s)

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RABATÉ, PRUDHOMME, BUTOR, GRACQ & le paysage en train

On a une (et quelques autres : Jean Huuuugues Anglade… qui donne son nom au ciné du coin) gloire locale : Pascal Rabaté. Alors forcément on trouve ses BD à la bibliothèque du bourg aux deux châteaux. La semaine dernière j’emprunte Vive la marée, récit passant (on passe d’un personnage à l’autre de case en case, difficile à expliquer). J’y trouve une case de 2 personnages en train d’être en train, vers la mer. L’un, entre pâté et rillettes fait cette réflexion qui me fait écho à Gracq et Butor. J’ai interviouvé Michel Butor il y a quelques années, nous avions parlé de la façon de regarder le paysage en fonction des transports.

Rabate_Prudhomme

Vive la marée (Prudhomme et Rabaté)

(Moi) – Julien Gracq disait à propos du voyage en train :« Enfant, dans un wagon, je n’imaginais pas être autrement qu’à la fenêtre à regarder ce qui se passait. Je retenais bien, je notais des différences assez subtiles et je les gardais en mémoire ». Cela reprend la façon que vous aviez de regarder le paysage en train ?

(M. Butor) – Oui. Mais alors le paysage en train, on le voit défiler latéralement. Il défile d’un bout à l’autre de la fenêtre. Quand on est en voiture, le paysage vous arrive par devant. Ce n’est pas du tout pareil. Quand on est en voiture, la vision de face fait qu’on entre dans le paysage. Alors évidemment on regarde surtout la route, et avec la route il y a toutes sortes de choses. En général, c’est ma femme qui conduit. J’ai conduit un peu mais très mal. Alors c’est elle qui conduit, moi je suis à côté. Et je regarde le paysage, j’en profite. Le paysage m’arrive comme ça, c’est tout à fait autre chose. Dans le train, c’est latéral. Quand on est derrière dans une voiture, on regarde aussi latéralement. C’est deux mouvements du paysage profondément différents. En ce qui concerne l’avion, quand on a la chance d’être près d’un hublot, on voit le paysage en bas, on a le sentiment d’être très au-dessus et on voit le paysage un peu comme une carte de géographie. C’est le même sentiment, c’est une carte de géographie mais qui est en vrai. Quand on va en avion à basse altitude, on a encore une autre façon de percevoir le paysage.

Quelques éclaircissements sur la relation de Michel Butor à la géographie.

Entretien avec Michel Butor

sur le site Cybergéo

Florence (et Amiens…)

Rabelais

Rabelais se rend plusieurs fois en Italie. Lors de l’un de ses voyages, il se passe à Florence. La date de ce séjour semble aléatoire, comme beaucoup d’éléments de la vie de l’écrivain. Alors certains cherchent, font des suppositions par rapport à l’oeuvre, en l’occurence Le Quart livre.

Dans l’édition de 1548, Epistemon parle de 12 anni fa (1), dans l’édition de 1552, petit changement, Epistemon dit il y a 20 ans (2). Si l’on suit Mireille Huchon (Rabelais, Gallimard) et Epistemon (projetant donc la vie de Rabelais dans ses oeuvres) cela fait référence soit au second voyage de Rabelais en Italie (1), soit au premier voyage de Rabelais en Italie (2).

Quoi qu’il en soit on y retrouve l’anecdote du moine d’Amiens trouvant que, franchement, c’est mieux Amiens que Florence :

Vrayement vous me reduisez en memoire, ce que ie veidz & ouy en Florence, il y…

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Petit horoscope géographique

Rabelais

En 1533, Rabelais, pour se moquer des almanachs populaires pronostiquant tout et les autres choses aussi, propose sa version pour l’année : la Pantagruéline Pronostication. D’abord annoncée comme annuelle, Rabelais déclinera son idée pour en faire une pronostication perpétuelle.

Ce genre, la pronostication, amène tout de suite au nom de Nostradamus qui était contemporain de Rabelais. Même, ils se sont probablement croisés lorsqu’ils étaient étudiants en médecine à Montpellier en 1529/1530. L’histoire n’en dit pas plus sur leur relation ; et chacun sa route, chacun son chemin, l’un ira vers la parodie du côté de Lyon, l’autre prendra cela au sérieux en Garonne.

Moqueur Rabelais annonce Considerant infiniz abus estre perpetrez à cause d’un tas de Prognostications de Louvain faictes à l’ombre d’un verre de vin, ie vous en ay presentement calculé une la plus sceure & veritable que feut oncques veue, comme l’experience vous le demonstrera.

Et bon sens 

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Ta barbe me semble une Mappemonde

Rabelais

Fin XVème siècle, le monde s’agrandit d’un nouveau continent. On brave l’équateur pour faire le tour de l’Afrique. Le monde s’arrondit aussi, et on le mappemonde.

Quand Frère Jean lit le monde dans la barbe de Panurge, dans le chapitre XXVIII du Tiers Livre (Comment frère Ian reconforte Panurge sus le doubte de Coqüage) il n’évoque pas la récente Amérique. Par contre il y voit l’imaginaire et utopique Thélème.

Desià voy ie ton poil grisonner en teste. Ta barbe par les distinctions du gris, du blanc, du tanné, & du noir, me semble une Mappemonde. Reguarde icy. Voy là Asie. Icy sont Tigris & Euphrates. Voy là Afrique ? Icy est la montaigne de la Lune. Voydz tu les paluz du Nil ? Deça est Europe. Voydz tu Thelème ? Ce touppet icy tout blanc, sont les monts Hyperborées. Par ma soif mon amy, quand les neiges sont…

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Dominique ANÉ et l’espace vécu

Loin de l’océan, tout juste quelques modestes remous dans la retenue d’eau transformée en plage. A l’opposée du pays, du côté de Dijon, avec vue sur quelques vallons caniculaires, on prend le frais dans les églises et les musées. Et je lis derrières les volets tirés cet océan.

 

Je suis né dans la plaine, j’y ai passé de longues années. Quand j’en suis parti, j’aspirais aux reliefs et à la profusion des roches, des végétaux. Puis j’ai vécu au bord de l’océan et me suis rendu compte que j’aimais l’horizontalité, dès lors qu’elle était perturbée par le mouvement des vagues.

Paysage à la fois mouvant et stable, aux emportements comme régulés par la ligne d’horizon. Face à lui, je me sentais arrimé, éprouvant la consistance du sol, et mon propre attachement à celui-ci.

J’évitais de longer les plages à marée basse, qui atténuaient la séparation entre terre et mer, comme la résolution décevante d’une énigme. Ou quand de fortes pluies brouillaient la ligne d’horizon.

J’ai habité ensuite quelque temps dans une ville à l’intérieur du pays. Les voies d’eau qui la traversaient des décennies plus tôt avaient été détournées, en raison des odeurs pestilentielles des canaux en été. De vieilles photos montraient la ville inondée, avec des gens sur des pontons de fortune. À l’époque, j’étais irritable, comme en proie à un manque.

Aujourd’hui, je vis au bord d’un fleuve. Sur l’autre rive, une grue rouillée, des bâtiments à l’abandon, à demi cachés par des arbres. Cette vue m’obsède. Le fleuve isole la rive opposée, en souligne la fixité, l’inutilité des lieux, et passe, dissuadant d’entreprendre quoi que ce soit.

L’avoir sous les yeux m’arrache à moi-même. Les mouvements qui l’agitent sont étrangers aux miens. Je n’ai rien vécu de décisif face à l’eau, pas de rencontre ni de séparation. Comme si elle m’interdisait de tels débordements. Qu’elle aplanissait l’existence. La réduisant à ce seul besoin : la regarder.

Dominique ANÉ, Regarder l’océan

Gonçalo M. TAVARES & le génie de la carte

Depuis Un Voyage en Inde je suis avec curiosité l’œuvre de G. M. Tavares. De plus ou moins près. De Monsieur Calvino à ce Berlin/Bucarest/Budapest. J’aime assez son écriture souvent froide et sans fioritures. Et là comme ça voyage… Il y est donc question de carte à un moment, et plusieurs fois de villes. De génie donc, celui loci, qui strate l’espace et le fait territoire.

 

CARTE

[…] quelle importance peuvent avoir les évolutions d’une carte ? Dans le fond, ce ne sont que des modifications graphiques sur de la pâte à papier civilisée et préparée à recevoir de nouveaux tracés vigoureux par dessus de vieux tracés fragiles.

BERLIN

À Berlin les rues sont délibérément non sentimentales. tu ne peux pas t’y perdre. Elles vont d’un endroit à l’autre ; elles ont une partie qu’on appelle milieu, et elles ont une fin qui en vérité ne l’est jamais, vu que chaque rue glisse vers d’autres rues comme si la ville avait plusieurs niveaux. Une ville n’a pas de fin, pense Martha.

Ce ne sont pas des rues, ce sont des documents, des archives : tu sais où se trouve chacune d’elles, où elle va.

– La ville est tellement bien ordonnée que, si tu te perds, c’est que tu es déjà sorti de Berlin, dit Markus.

BUDAPEST

À Budapest, l’Europe confirme qu’en architecture elle est un continent petit ; c’est le Danube qui commande et la ville est faite de rues parallèles ou perpendiculaires à l’eau principale ; comme si celle-ci était une déesse ancienne. Aucun bâtiment n’a connu une croissance démesurée.

Gonçalo M. TAVARES, Berlin, Bucarest-Budapest : Budapest-Bucarest

Christian GARCIN & un lieu, un autre

Parce qu’il fallait bien, Christian Garcin le voyageur, je suis ses voyages sur Facebook, et peut-être que ce sont eux que je retrouve là, quelques années plus tard. Une entrée dans cette œuvre par les vétilles, puis par ce livre sur les pas de Cendrars dans le transsibérien. Avec l’envie d’aller voir du côté des romans, maintenant. Voyageur (donc géo-graphe ?), il nous évoque sa relation aux lieux, l’importance de la projection dans les noms, l’espace.

Incroyable immensité d’Athènes. Depuis le mur de « Thémistocle », les immeubles se succèdent le long du littoral, à l’infini. Il ne s’agit sans doute plus d’Athènes mais du Pirée, ou d’une autre localité encore, mais ce que l’œil et tous les sens perçoivent, c’est une seule ville.

Vetilles

Toute ma vie je cours , je courrai après cet état-là de la perception du temps et de l’espace. J’avale des kilomètres, parcours des étendues immenses et lointaines, et ce que je cherche réside dans le regard imaginé d’un enfant sur trois mètres carrés d’un territoire qu’il a fait sien, et qui recouvre le monde.

Vétilles

C’est d’ailleurs à une arrivée similaire à Minsk, en hiver également, dix mois plus tôt, que je songeai tout d’abord, selon ce principe ancien et un peu agaçant chez moi qui est le « démon de l’analogie », comme si chaque lieu traversé, chaque expérience vécue, chaque livre lu m’en évoquait systématiquement, et toujours en premier lieu, un autre.

Le Lausanne-Moscou-Pékin

Ce transsibérien dans lequel nous venons de monter, l’idée même de traverser la Sibérie, font probablement davantage rêver les francophones que les Russes, ceci grâce sans doute à Michel Strogoff et à Blaise Cendrars – pour évoquer là deux personnages diversement fictifs. Pour les Russes qui grimpent dans ce train, il s’agit d’un moyen de transport, lent et coûteux. Pour nous, d’un voyage dans les noms et l’imaginaire, dans l’histoire et la géographie, dans le broun-roun-roun des roues comme disait Blaise Cendrars, dans le rythme à quatre temps des trains d’Europe, à cinq ou sept temps des trains d’Asie, dans la littérature aussi, et la vive réalité dans quoi baignent les hommes et les lieux que nous traversons – ou plus exactement les lieux qui nous traverseront, condition sous laquelle un des buts de ce voyage, à savoir faire coïncider toutes ces réalités, imaginaires et onomastiques, historiques et géographiques, sonores, littéraires et quotidiennes, sera partiellement atteint.

Le Lausanne-Moscou-Pékin

Cendrars le savait, qui alignait ses litanies de villes, Tomsk Tcheliabinsk Kaïnsk Obi Taïchet Verkhné-Oudinsk… : on voyage dans les noms avant de voyager dans les lieux, et il n’est pas rare que le premier de ces voyages conditionne le second. Les noms par exemple d’Oulan Bator, Valparaiso, Samarkand, Vladivostock, Montevideo, Irkousk aussi, bien sûr, sont comme des diamants qui brillent de mille feux et qu’on observe à travers une vitre sans imaginer pouvoir les posséder un jour, c’est-à-dire s’y rendre. Lorsqu’on le fait, le décalage est parfois colossal entre la brute réalité du lieu et l’imaginaire dont on l’avait habillé.

Le Lausanne-Moscou-Pékin

Emmanuelle PIREYRE & les cartes muettes

J’ai lu Féérie générale il y a quelques temps. J’ai kiffé (je suis un mauvais critique, oui, ça se résume à j’ai aimé ou pas, ça a fait bouger des lignes ou pas). Mais là, le top, même, ce côté socio-pecquien avec de l’humour. Du coup je lorgnais sur ce Comment faire disparaître la terre ? que je lisais en géographe distrait Comment faire disparaître la Terre ? J’ai mis un peu de temps à comprendre de quelle terre il s’agissait. La géographie est néanmoins présente, à travers les cartes muettes, une autre façon de faire disparaître la Terre pour permettre aux élèves de la constituer, voir parfois (et c’est mieux encore) de la réinventer.

_ Les cartes physiques muettes utilisées en géographie sont une cause majeure d’angoisse en milieu scolaire. C’est cette fois à l’enfant lui-même de se diriger dans le sable noir ; lui dont l’expérience est limitée, qui n’a navigué sur aucun fleuve, n’a escaladé qu’un nombre infinitésimal de montagnes et sommeillé que sur un nombre infinitésimal d’autoroutes, il se trouve forcé de rédiger la légende d’un dessin abstrait au feutre noir signé Le Professeur des écoles. C’est trop noir, il ne peut pas deviner : « c’était noir, horrible et abrupt, j’ai couru dans la matière noire, et alors j’ai eu peur. »

E. Pireyre, Comment faire disparaître la terre ?

L’infra-ordinaire de lieux extra-ordinaires (extraits d’un texte pour Nicolas GRENIER)

palaisdelelysee

Le texte suivant est issu d’une étude accompagnant le recueil de haïkus de Nicolas Grenier intitulé Palais de l’Elysée, Hotel de matignon, Ministère des affaires étrangères, et autres lieux de pouvoir de la République française en Haikus publié aux éditions Circulaire en juillet 2015.

—————

 1. FRANCHIR LES SEUILS

Franchir les seuils,

fendre l’espace,

l’espace public et entrer dans l’espace public privé, par la porte de derrière.

entrer dans les lieux de la politique -hauts lieux-,

dans les interstices du pouvoir,

dans l’espace inaccessible où se décide l’histoire publique.

en tirer l’atmosphère, en observer des petits riens.

en saisir le fugitif, l’éphémère,

le fragile de l’instant.

Les lieux du politique, ses micros-lieux quotidiens.

Car ces lieux exceptionnels sont le quotidien de certains.

1-2. POLITIQUE & POETE

Les politiques tentent la poésie, parfois.

Le poète tente-t-il la politique ?

Par des haïkus

l’esprit médiateur du haijin

de l’imaginaire au pouvoir,

et inversement.

  1. LE BLANC ENTRE LES FRAGMENTS

Nicolas Grenier nous offre une balade contemplative dans les lieux de pouvoir. Une balade lente dans chacun des lieux. Une balade en cinq instantanés à partir desquels nous reconstruisons le lieu, en complétant à notre guise le blanc entre les fragments.

Douze lieux aussi, comme un tour de pendule, cercle qui donne à voir, mais qui est tout autant ce qui ne se voit pas.

  1. ENTRER DANS LE LIEU PAR ÉTAPES

Zoom / travelling avant

Entrer dans le lieu par étapes,

par petites touches qui donnent au final une impression d’ensemble,

qui sont une évocation de l’identité du lieu en dehors de son référent politique.

Le choix d’une pièce – prenons le bureau d’une ministre

Depuis mon bureau

 Je contemple le miroir

 Où l’éternité

(Ministère de la culture)

ou d’un élément architectural, si ce n’est secret –secret car nous n’y allons pas dans ces lieux- du moins discret –discret car propriété de rares regards choisis ou privilégiés.

Plonger, donc, dans une micro-géographie, celle du détail.

Puis Nicolas Grenier le déploie, ce lieu, ce détail ;

il lui donne vie, il nous le révèle dans un haïku.

Le choix d’un élément dans la pièce – prenons la pendule

Au salon Murat

La pendule oublie le temps

La nuit n’est que jour

(Elysée)

Une pendule qui apporte, inconsciemment, au lecteur (comme au Conseil des ministres), un mouvement dans la pièce, un son en happening répétitif, et fait entrer le temps dans la géographie.

Emboîtement d’échelles : Le bâtiment, une pièce, un micro-lieu de la pièce.

  1. CES LIEUX DENUDES DE LA POLITIQUE

Ces lieux de pouvoir,

ces hypercentres du pays,

l’auteur nous propose de les aborder sans leur dimension de pouvoir ;

l’auteur nous donne à voir ce qu’il reste de ces lieux nus de fonction politique.

Car aucune référence à la politique dans les haïkus présentés ici, juste les décors dans lesquels la politique s’élabore et dans lesquels les hommes et femmes politiques se meuvent, voir s’émeuvent.

6. SITUATION

Le premier haïku présenté pour chacun des lieux est le plus souvent un poème de localisation, et l’adresse du lieu peut faire partie prenante du poème.

Ce premier haïku, sorte de porte d’entrée, de poème-seuil, est un élément qui relie le lieu à la ville, qui intègre le lieu dans la ville

Rue de Vaugirard

Ligne blanche en pointillé

J’esquisse la toile

(Sénat)

11. ELEVATION DE L’ESPACE

L’architecture -donc l’élévation de l’espace- rythme -et le temps met en valeur l’espace : imaginer les jeux d’ombres évoluant au fil des heures-, fait vibrer le territoire

Jusqu’à perdre haleine

Je cours le long des colonnes

Entre ombre et lumière

(Conseil économique et social)

12-2. L’ESPRIT EN BALADE

Les pieds ancrés dans le lieu n’empêchent pas l’esprit de partir en balade, de s’éloigner des lambris dorés

Aile ouest du palais

Je divague comme un sage

Dans la cour pavée

(Sénat)

• 

14-1. UN LIEU, C’EST DU TEMPS EMPILE

Des lieux de l’histoire discrète

Un lieu, c’est du temps empilé. Un lieu est chargé de temps. Génie du lieu

Face à l’escalier

Dans un vertige je songe

A l’éternité

(Conseil économique et social)

A tout ce qui (s’)est passé là, ajouterais-je.

Le lieu permet d’appréhender le temps, d’évoquer l’histoire.

15-2. (ESPERONS TOUJOURS L’INFLUENCE DE LA CULTURE SUR LA POLITIQUE)

Dépourvus de politique, a priori, ces poèmes de Nicolas Grenier. Mais si nous admettons le lieu chôra, le lieu « dépend des choses, les choses en dépendent »[1]. Le territoire est peut-être le résultat de ces allers-retours entre le Génie de ce lieu et l’homme qui le fréquente d’une façon ou d’une autre. Et si l’épaisseur culturelle influait sur la construction de l’identité d’un homme ou d’un groupe humain. La politique, le territoire, la France, sont peut-être le résultat de cette pendule, de ce tableau d’Alechinsky (espérons toujours l’influence de la culture sur la politique – et de la poésie sur l’homme de pouvoir), du vent sous les arcades que nous évoque Nicolas Grenier, Nicolas le haijin.

Nathanaël GOBENCEAUX

Les textes en italiques (haïkus) sont de Nicolas Grenier

[1] Augustin Berque, « ‘Lieu’ 1. », EspacesTemps.net, Livres, 19.03.2003
http://www.espacestemps.net/articles/lsquolieursquo-1/

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