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Dimanche après-midi (ça commence un peu comme une série de Bubleix, ce billet), les jours décalés font que mon dimanche était hier samedi. Marseille à gagné, et j’ai lu le récent Les archives du littoral de Kenneth White. J’y ai déposé 2 marque-pages en forme de billets du musée. Dont un (tranches de La Comédie humaine) à cette page 97 :
RECONNAISSANCE DE LA CÔTE
Expédition cartographique, XVlllè siècle
Rares sont les segments
rectilignes, mesurablesla fragmentation
l’extrême fragmentation
est la règlevers la face continentale
d’innombrables bras de mer
se terminant tous de façon abrupte
dans une aporie de glacevers l’ouest un éparpillement d’îlots
et de rochers isolés
aux contours estompés
parles brumes et les bourrasquescette carte que j’ai tracée avec tant de soin
ressemble dangereusement
à la calligraphie d’un fou.Kenneth White, Les archives du littoral, Mercure de France
Dans ce mot «géopoétique» est contenue l’idée que l’on peut localiser la pensée, relier territoire et pensée, nature et culture. Si notre culture et notre civilisation sont à l’heure actuelle tellement creuses, c’est justement parce que nous avons perdu ces liens. Il s’agit donc d’essayer de lier la pensée plus exigeante au lieu le plus fort, le plus intense matériellement.
Kenneth WHITE in Entretien avec Gilles Farcet, in Le Poète cosmographe
la poésie ne sera pas seulement l’affaire du moi (le tiroir du privé), ni une affaire de mots, spécialité de technologues linguistiques, mais une affaire de monde. Il s’agit de l’articulation d’un monde.
Kenneth WHITE in Le Poète comographe




