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Du côté des gares ; je l’ai fréquenté un peu ce quartier. Louis Blanc aussi, avant. Maintenant, avec 225 kilomètre d’écart, Anne Savelli m’y ramène pour/par cette jolie ligne, ce vase communicant. Et moi chez elle, toutes fenêtres donnant sur l’Italie.

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Cette ligne-là, de la gare du Nord à Louis Blanc, je ne sais pas pourquoi je m’y suis attachée au début.

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Lu après tous (de la blogosphère) L’Incendie du Hilton. Y ai placé quelques marques(-ta-page) en bordereau déchiré & noté villes ou gares. De la gare comme lieu-promesse. Je pense comme l’universel dans l’ailleurs.

Ce que nous aimons, ce sont les gares qui témoignent de l’idée de voyage. Elles sont comme la part organique d’une conquête, avec ce qu’il faut de nourriture proposée, de salles où s’asseoir ou dormir, et la promesse, aux tableaux et affichages, qu’on pourrait se réveiller dans une ville où tout aurait changé, la langue, les gens, le ciel – sauf cela, justement, qui fait qu’on sait toujours se débrouiller dans une gare.

François BON dans L’Incendie du Hilton

Je suis passé à Bologne il y a quelques années, lors d’un voyage ferroviaire chaotique à travers l’Italie. Plus exactement je suis passé dans la gare de Bologne à l’heure de l’apéro du soir, soleil dorés sur les toits et sur les rails. Tenté debout sur un banc d’apercevoir la ville ; mais non, pas tellement possible alors comme ici :

comme des rails dans la nuit des traits des réseaux infinis de relais et nous, le plus souvent silencieux, étrangers qui ne nous ouvrons pas plus l’un à l’autre que nous ne le faisons à nous-mêmes, obscurs, obtus, perdus dans les innombrables rails qui entourent la gare de Bologne nœud ferroviaire inextricable, des aiguillages, des circuits, des voies de garage à n’en plus finir, une gare divisée en deux parties égales où au contraire de Milan le gigantisme du bâtiment est remplacé par la profusion des voies, la verticalité des colonnes par le nombre des traverses, une gare qui n’a besoin d’aucune démesure architecturale parce qu’elle est en soi démesurée, le dernier grand carrefour de l’Europe avant le cul-de-sac italien, tout transite par ici, les bouteilles de nero d’Avala venues des pentes de l’Etna que buvait Lowry à Taormine, le marbre des carrières de Carrare, les Fiat et les Lancia y croisent les légumes séchés, le sable, le ciment, l’huile, les peperoncini des Pouilles, les touristes, les travailleurs, les émigrants, les Albanais débarqués à Bari y foncent vers Milan, Turin ou Paris: tous sont passés par Bologne, ils ont vu leur train glisser d’une voie à l’autre au gré des aiguillages, ils ne sont pas descendus visiter la basilique, ils n’ont profité d’aucun des charmes d’une ville agréable et bourgeoise

Mathias ENARD dans Zone

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