Archive de Tag pour ‘frontière’.
Pour un petit texte sur Berlin, je me dis “tiens je vais insérer des extraits des Ailes du désir”. Alors je visionne à nouveau le film, pausant pour noter certaines phrases (je prends la traduction française, qui sonne bien et que j’espère bien traduite (mais vu le niveau quasi négatif de mon allemand, je ne peux pas vérifier)). Dont :
Reste-t-il des frontières ?
Plus que jamais !
Chaque rue
a sa propre barrière.
Entre les lignes
il y a un terrain vague
camouflé par une haie
ou un fossé
Les Ailes du désir, Wim Wenders
Nous arpentâmes le territoire en sifflotant.
La géographie n’est pas souvent présente, il me semble, dans la chanson française. Enfin il faudrait voir, mais à ce que je pense. Peut-être à chercher du côté de Davic McNeil le rapprochement des lieux, l’assimilation de l’Ouest français au FarWest américain. Revenons à Nataf (l’ex-Innocent) qui nous propose un couplet-pensée sur la frontière, et les limites de la frontière (les limites de la limite, donc) :
A nous deux, terres touchées
Villes ouvertes
Vallées repues de vert
Le vent déborde la frontière
Le temps déporte la frontière
La frontière ferme mal
(Viens me le dire, album Clair)
Michel Butor connaît bien Genève. Il y a habité, il y a enseigné. Michel Butor y a observé les années, la ville et ses évolutions. Comme toujours, cultivé philosophe et géo-graphe il note.
l’île Rousseau
le bord de l’eau est un point de concentration naturel. Le périmètre d’une île impose à tous ses habitants une limite qu’ils ne pourront franchir qu’en s’entendant c’est dans une île qu’on peut espérer recommencer l’Histoire humaine, et c’est parce que la Corse est une Île que Rousseau essaiera d’y appliquer déjà les principes du contrat social. Mais, dira-t-on, une île est le contraire d’un lac! Et certes, il est très important que l’île soit absente du centre du lac de Genève. Nous en retrouverons lorsque le lac redevient Rhône, le petit archipel aménagé dans Genève même. Il est très important qu’au centre il faille suppléer une Île inventée (et c’est sans doute une des raisons qui lui ont fait préférer son lac natal au lac de Garde), mais les rives du lac jouent un rôle similaire à celui des rivages insulaires: elles opposent une frontière à la dispersion, obligent l’homme à s’accumuler. elles sont donc des lieux de naissance du langage de la société. L’”homme naturel” est englouti au fond du lac ; le bord du lac est la figure et le lieu de son émergence hors de l’animalité. Revenir au bord du lac, c’est revenir à l’invention du langage.
Michel BUTOR dans Genève dans son changement


