You are currently browsing the tag archive for the ‘être’ tag.

Depuis quelques temps que je lis du Malcolm LOWRY (en y entrant par les nouvelles & les poèmes), que j’y plus qu’apprécie les descriptions d’âpres lieux (cargos dans la tempête, quai sombres, ports & autres gares, que je lis donc et  ne trouve pas de citation adéquat pour ces pages ; depuis le temps est donc révolu, voici :

(Note : Dire quelque part que Martin a vécu si longtemps sur cette planète, qu’il est presque parvenu à se persuader qu’il est un humain. Mais son moi profond sent bien qu’il n’en est pas ainsi, pas tout à fait. Sa vision du monde, il ne pouvait la tirer d’aucun livre. Il n’avait jamais réussi à y découvrir qu’un aspect superficiel de ses souffrances et de ses aspirations. Il avait pris l’habitude de prétendre penser comme les autres, mais ce n’était pas vrai. On admet qu’un grand progrès s’accomplit quand nous découvrîmes que la terre était et non plate. Or, pour Martin, elle était bel et bien plate, mais seule une petite partie, l’arène de ses propres souffrances, lui en apparaissait à la fois. Il ne pouvait non plus se représenter ce machin en rotation, se mouvant d’ouest en est. Il contemplait la Grande Ourse comme on regarde une affiche lumineuse, quelque objet fixe, bien qu’il s’en émerveillât, tel un enfant, en songeant aux diamants de sa mère. Mais il ne pouvait rien faire bouger. L’Univers ne tournait pas, pas plus que les étoiles sur leurs orbites. Le matin, quand le soleil se levait, c’était très exactement là ce qu’il faisait: se lever. Martin était non humain, subordonné à certaines lois, même si, en apparence, il semblait tout au plus un jeune homme normal, présentant bien, aux manières plutôt conventionnelles. Comment expliquer autrement le perpétuel, le pénible conflit qui l’opposait à la réalité,

Malcolm LOWRY in La traversée du Panama

De Californie aux Ardennes j’étais parti & revenu, et Jacob m’avait dit à mon retour que « personne-dans-son-entourage-ni-même-lui » n’avait compris le sens de ce périple qui, erratiquement leur semblait-il, m’avait conduit à Charleville-Mézières & à San Francisco, à Los Angeles & Taxco, et dont j’étais revenu la tête pleine de lieux & climats télescopés … En guise de réponse j’avais tenté de lui expliquer mon vertige & cette sensation étrange, paradoxale, de n’être plus nulle part, et l’espèce de dépossession qui en résultait, mais l’avait-il compris?

Frédéric-Yves JEANNET in La lumière naturelle

Le concept d’espace varie beaucoup suivant l’idée que l’on s’en fait et que l’on se fait de soi-même. La définition de l’espace est celle de l’être et inversement.

Olivier DEBRÉ  in L’espace et le comportement

Le paysage est l’homme ; « le paysage n’est pas fait pour être regardé, mais insertion de l’homme dans le monde » ; « Naturellement. C’est très important. Ca aide à s’en souvenir et aussi beaucoup à regarder sur le moment même. La photographie est quelque chose qui se passe en un temps très bref. On vise à travers l’appareil et on cherche. Puis il y a un moment où ça y est, c’est ça ! » dit Michel BUTOR ; « Naturellement, c’est trop bref pour qu’il y ait un discours conscient, c’est impossible. Mais il y a un énorme travail qui se fait là-dedans, et qui se voit très bien dans les photographies ensuite. « C’est fou ce que ce photographe a vu en cet instant » » poursuit-il. La photographie est le paysage par excellence, il y a un point de vue, un sens de vue, un cadrage. Mais la photographie n’est pas le paysage ; le paysage est les cinq sens en action, l’odeur du purin, le léger vent d’ouest, les oiseaux printaniers qui gazouillent, le chewing-gum à la menthe du moment, la chanson de William Sheller qui trotte dans la tête.

comme dit Baltasar Gracian : "Les choses ne passent point pour ce qu’elles sont, mais pour ce qu’elles paraissent être. Savoir faire, et le savoir montrer c’est double savoir. Ce qui ne se voit point est comme s’il n’était point."

Pierre MICHON in Trois auteurs

vers mes NoTe&PaRSeS & AUTO-GÉO-GRAPHIE-S (en cliquant sur l’image)

Poèmes géographiques (livrel au format epub)

en téléchargement libre (format epub)

Entrez votre adresse mail pour recevoir les notifications des nouveaux articles par courriel.

Joignez-vous à 2 005 followers

RSS NoTeS&PaRSeS

  • Le manuscrit de Balzac est une tour de Pise 13 mai 2013
     Le papier est marron. Œuvre de l’époque ou œuvre du temps ? Sur ce papier, un peu rongé sur certains côtés, 3 tâches trop régulières pour avoir été faites par des doigts (mais imaginons, séquence émotion, que ce soit ceux de Balzac tenant trop longtemps le papier et le travail de l’acidité de la transpiration de […]
  • MIGRATIONS PENDULAIRES 13 mai 2013
    5 JOURS DURANT ••• Aller Ça caquette comme dans un poulailler, là dedans. Ils se connaissent, se reconnaissent, se racontent leur maison, leurs enfants, leurs parents. Ça caquette pour les travailleurs/ses, ça dragouille pour les lycéen/ne/s et les étudiant/e/s, ça dit du mal (une espèce d’Harry Potter blond tête à claque méchant avec sa camarade […] […]
  • Autre temps 31 mars 2013
    fini, les livres-papillons il pleuvait des grenouilles il filait des serpents mille langues nous séparaient même ATLAS avait abandonné le monde Classé dans:poèmes
  • Sans titre 20 mars 2013
    • Pas à pas, lents, j’avance sur la courbure de la Terre 17/12/2012 • Classé dans:poèmes
  • Un peu de soleil dans la mer (d’après un conte océanien) 17 mars 2013
      raconté par Henri Gougaud dans L’Arbre à soleils : légendes du monde entier, et dessiné par moi il y a longtemps (10 ou 15 ans fa).   Classé dans:Dessins

Loran Bart

RSS BALZAC (par de petites portes)

  • Sebald and Balzac - quests and connections 21 janvier 2013
    Reblogged from Passing Time: Yesterday, on a quest to explore Sebald's links with Alain Resnais' L'Année derniere à Marienbad (for another blog), I noticed in Austerlitz the name Marie de Verneuil.  She is the friend with whom Austerlitz has been in … Lire la suite →
    Nathanaël Gobenceaux
  • Journal des lectures : Modeste Mignon (H. de Balzac) 30 décembre 2012
    Reblogged from NoTeS&PaRSeS: Je saisissais les enquêtes de satisfaction C’était au début, il y a 3 ans « Avez-vous aimé … » et à la réponse « Avez vous fait des achats à la boutique ? » la réponse a été Modeste Bêtement, pas encore … Lire la suite →
    Nathanaël Gobenceaux
  • Journal des lectures : Massimilla Doni (H. de Balzac) 27 décembre 2012
    Reblogged from NoTeS&PaRSeS: Pof, je coche dans ma liste de la CH : Massimilla Doni des Etudes philosophiques, roman musical souvent associé à Gambara, Sarrasine - autres romans musicaux ou Le Chef d'œuvre inconnu - roman pictural Petite envie d'une … Lire la suite →
    Nathanaël Gobenceaux

RSS Landry JUTIER

  • Histoire d’Amadis d’Orbigny 21 avril 2011
    Le banquet Des serviteurs s’empressent et doublent Amadis et les cinquante-deux cavaliers. Au centre d’une grande clairière Une table est dressée Et des torches brûlent. Quelques corbeaux effrayés s’envolent Beaux oiseaux au plumage dense. Une foule d’invités s’installent ; Un des cavaliers place Amadis Et en face de lui il voit Margot. Elle lui adresse [... […]
    landryjutier
  • Histoire d’Amadis, Une mascarade donnée à C… 20 mars 2011
    Amadis revoit Margot. La nuit est tombée Le Cher gronde Il est furieux Et ses flots Charrient une boue terne. La voûte est incroyablement souple et douce Elle est tendue d’un velours bleu. Plus d’étoiles Qu’à l’habitude brillent sous cette latitude. Amadis marche à travers La forêt sombre. Il est tourmenté Car il ne sait [...]
    landryjutier
  • Nolwenn Euzen, Le désordre ne jette pas dehors (vase communicant) 3 février 2011
    Combien dire de moi ? Je que déjà le monde tire. Appelle. Libération ici. Oppression là-bas. Que déjà renverser. Je n’ai pas fini de porter maman. Pas fini d’écouter papa. Je n’ai pas fini d’enfanter ma zone interdite. Les plus longues phrases pour moi. TOUT doit parler !!! – mais tout ne parle pas. Même [...]
    landryjutier
Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Joignez-vous à 2 005 followers

%d bloggers like this: