Archive de Tag pour ‘espace’.

ouverture pour

point / ligne / surface
à Saint-Germain-des-Prés

 

Le texte suivant est un bref extrait de point / ligne / surface à Saint-Germain-des-Prés, étude géographique de Quant à Saint-Germain-Des-Prés, trente et un tanka sur la main d’après de Nicolas Grenier, à paraître en juin 2011 aux Éditions du Tanka francophone

(les textes en italiques (sauf les citations de G. Bachelard & Y. Bonnefoy)  sont des extraits du livre de Nicolas Grenier.)

————–

      

“Je possède d’autant mieux le monde que je suis plus habile à le miniaturiser.”
 G. Bachelard, Poétique de l’espace

       

 Saint-Germain-des-Prés, c’est une fabrique d’histoire(s), la grande (Childebert, l’Abbaye), les petite(s) (Monoprix).

Saint-Germain-des-Prés c’est de la géographie, aussi. Lire la suite »

Tu vois, j’essaie de lire des romans, mais souvent c’est dur. Les déferlantes, je me suis arrêté après la scène de la tempête, en gros. Même Balzac des fois, alors je me rabats sur ses romans courts. Ces jours-ci je me suis réconcilié avec le genre avec Parle-leur de batailles de rois et d’éléphants de M. Enard et avec La Centrale d’E. Filhol, donc.

Qu’est-ce qui rompt l’espace naturel ? L’estuaire, la falaise morte, le marais. La falaise comme témoignage d’une ancienne ligne de rivage perdue à l’intérieur des terres. Est-ce que les habitations troglodytes dans la falaise – la trace de ces habitations rompent l’espace naturel? Et la vigne; les canaux, jusqu’aux vestiges du bocage en partie démantelé? Où commence, où finit cet espace? Concrètement, il n’y a plus rien de naturel ici, hors les bancs de sable au milieu du fleuve – et encore. La main de l’homme est partout. Dans ce paysage entièrement façonné, mais qui s’ouvre encore par nature démesurément à l’horizontale, avec si peu de repères verticaux les pylônes dans leur ancrage ne choquent pas, et leur tête plantée à trente-cinq mètres du sol au-dessus des treillis métalliques donne l’échelle.

Elisabeth FILHOL, La Centrale

Comme le vent “zoum zoum” dans les branches, je suis là à naviguer, j’hésite à mettre encore du Handke, je trouve ce poème de Guillevic sur un site de poésie : mais, l’espace, est-ce du plein ou du vide ?

Quand nous sommes
Dans un même lieu,
Pas éloignés l’un de l’autre,

Quand entre nous l’espace
Est plein de toi, de nous,

Mérite-t-il encore
Le nom d’espace ?

Eugène GUILLEVIC

Lors des années parisiennes, je fréquentais les soldeurs du quartier latin, après la fac, ou après la librairie, ou avant. J’y ai trouvé des Butor, une BD d’Ubu merdre, …, et un petit liv(b)re sur Claude Simon dans une collection appelée Lieux de l’écrit qui propose de porter un regard nouveau sur l’espace des grands écrivains de notre temps. J’y pioche ce qui se dit au présent est passé & l’espace comme réceptacle :

L’espace recèle en lui le récit, recueil de faits passés à (re)cueillir.

L’imagination ne peut reconstruire au présent le passé, même, ou surtout, si elle suit les données d’un guide touristique. Aux signes conventionnels de la géographie, « petits traits en éventail », « lignes noires, épaisses prolongées par des pointillés» s’oppose l’état présent du lieu envahi par la végétation

Didier ALEXANDRE, Claude Simon, lieux de l’écrit, Ed. Marval

Institut de géographie de Paris. J’écoute le géographe, il dit en substance (de mes souvenirs) que Michel BUTOR est l’écrivain de la mondialisation, celui qui l’accompagne depuis 1/2 siècle et en rend compte. Butor évoque les lieux, mais les lieux dans l’espace, dans leurs sites et situations (distinguer site et situation est une des premières choses qu’on apprend en fac de géo), des lieux dans leur évolution au sein de ce monde nouveau.

La thématique de l’espace est évidemment centrale dans [l]a production romanesque [de Michel Butor] que l’on songe à l’importance de l’immeuble de Passage de Milan ou à celle, mythique dans notre littérature contemporaine, du compartiment dans lequel se dèroule La Modification ; sa réflexion critique et ses lectures creusent volontiers ce thème dans les œuvres littéraires et artistiques; plus nettement encore son écriture s’est trouvée transformée des recherches qu’il a consiguées dans les textes de la série du Génie du Lieu et dans ceux qui rendent compte d’espaces particuliers: Venise, les Etats-Unis d’Amérique, ou les chutes du Niagara. L’Espace est ainsi dans l’oeuvre de Michel Butor un thème et un problème.

Raphaël MONTICELLI dans Approche du continent Butor

Le concept d’espace varie beaucoup suivant l’idée que l’on s’en fait et que l’on se fait de soi-même. La définition de l’espace est celle de l’être et inversement.

Olivier DEBRÉ  in L’espace et le comportement

Le voyage se fait dans l’espace. Le voyage est traversée de l’espace. Je relève dans Louis Lambert de Balzac : « Souvent, me dit-il, en parlant de ses lectures, j’ai accompli de délicieux voyages, embarqué sur un mot dans les abîmes du passé, comme l’insecte qui flotte au gré d’un fleuve sur quelque brin d’herbe. Parti de la Grèce, j’arrivais à Rome et traversais l’étendue des âges modernes. Quel beau livre ne composerait-on pas en racontant la vie et les aventures d’un mot ? » Je pense : un mot est un voyage. Un mot appelle d’autres mots, un mot est un ensemble de mots. Un mot est un ensemble de voyages.

Le paysage est une réduction, irrémédiablement. Le paysage-Aleph n’existe pas. Etant donné « la Terre est ronde », c’est une chose inimaginable, inconcevable, irréalisable. Et ce qui est mais qui est caché, qu’en faire ? Je repense à mon carnet de Géographies. Voici ce que j’y avais noté à propos de l’espace : L’espace : ce tout. Et c’est tout. Tout est-il dans l’espace, vraiment ?

Même pour son travail, il préférait le dessin à la photographie car ce n’est qu’ainsi que le paysage lui devenait compréhensible sous tous ses aspects; à chaque fois il était surpris par la quantité de formes qui se révélaient, même dans une étendue à première vue tout à fait monotone. De plus, une région ne lui devenait proche que lorsqu’il la dessinait ligne à ligne, de manière aussi fidèle que possible, sans les schématisations et omissions habituelles de sa discipline scientifique – alors, en toute bonne conscience, il pouvait dire y être allé.

Peter HANDKE in Lent retour

Il est des parcelles de lieux où l’âme rare subitement exulte. Alentour ce n’est qu’espace indifférent.

René CHAR in Lettera amorosa

vers mes NoTe&PaRSeS & AUTO-GÉO-GRAPHIE-S (en cliquant sur l’image)

Entrez votre adresse mail pour recevoir les notifications des nouveaux articles par courriel.

Joignez-vous à 6 followers

RSS NoTeS&PaRSeS

  • ZUP ! alors… (Catalogue) 24 avril 2012
    A Vineuil près Blois, sur une marge de la ZUP, ai photographié une statuette de femme nue x2 une camionette une bouteille orange sur divers fonds une statuette de fillette bien coiffée un Babar en plastoque un cadre à travers un trou dans une plaque de mousse (pour éviter de se voir dans le cadre) [...]
  • Brouillons Azay(-le-Rideau en château) 31 mars 2012
  • Du saut des lieux 21 mars 2012
    D’où j’écris …Dont je parle… … …Une collègue me montre ce que fait un de nos petits plaisantins de clients : il cache les tirés à part de revues qui l’intéressent derrière les livres de droit aérien qui sont déjà bien rangé en hauteur (c’est spécifique et relativement peu demandé le droit aérien). Bon moi [...]
  • Jongler avec les lieux (et avec la mémoire) 28 février 2012
    New-York – JFK en juillet La poignée de la valoche a pété. New-York – on the highway Premiers pas américains, « ciels nous sommes découverts » crient-ils en chœur. Premiers tours de roues, première halte pour manger un hamburger avec soda. New-York – Liberty Island (forcément) Liberté – américanité : where is Paris ? Far east, straight on across [...] […]
  • Tout est relatif 11 février 2012
    C’est la relativité expliquée par la météo : nous on se presse pour voir les glaçons dans la Loire, on prend des photos… et elle, russe du côté de Saint-Pétersbourg, qui lâche, laconique, “oh, on dirait l’arrivée du printemps”. Classé dans:Phauto-géographies Tagged: Langeais, Loire

Loran Bart

RSS BALZAC (par de petites portes)

  • Jay McInerney et Illusions Perdues 19 janvier 2012
    « Quand j’ai commencé à écrire sur New York, il y a bien longtemps de cela, j’ai réalisé qu’il n’y avait pas beaucoup de romans américains consacrés aux villes. La littérature américaine s’intéressait à la frontière, aux banlieues résidentielles. Et … Lire la suite →
    Nathanaël Gobenceaux
  • Sans titre 3 janvier 2012
    Forcémment BALZAC, forcémment SAND, forcémment d’autres aussi (…PROUST…RABELAIS…Alain FOURNIER…) dans leur géographie au Centre c’est une résidence numérique, C’EST PAR LÀ
    Nathanaël Gobenceaux
  • Balzac en chanson (2 – Arnaud Fleurent-Didier) 31 décembre 2011
    Nathanaël Gobenceaux

RSS Landry JUTIER

  • Histoire d’Amadis d’Orbigny 21 avril 2011
    Le banquet Des serviteurs s’empressent et doublent Amadis et les cinquante-deux cavaliers. Au centre d’une grande clairière Une table est dressée Et des torches brûlent. Quelques corbeaux effrayés s’envolent Beaux oiseaux au plumage dense. Une foule d’invités s’installent ; Un des cavaliers place Amadis Et en face de lui il voit Margot. Elle lui adresse [... […]
    landryjutier
  • Histoire d’Amadis, Une mascarade donnée à C… 20 mars 2011
    Amadis revoit Margot. La nuit est tombée Le Cher gronde Il est furieux Et ses flots Charrient une boue terne. La voûte est incroyablement souple et douce Elle est tendue d’un velours bleu. Plus d’étoiles Qu’à l’habitude brillent sous cette latitude. Amadis marche à travers La forêt sombre. Il est tourmenté Car il ne sait [...]
    landryjutier
  • Nolwenn Euzen, Le désordre ne jette pas dehors (vase communicant) 3 février 2011
    Combien dire de moi ? Je que déjà le monde tire. Appelle. Libération ici. Oppression là-bas. Que déjà renverser. Je n’ai pas fini de porter maman. Pas fini d’écouter papa. Je n’ai pas fini d’enfanter ma zone interdite. Les plus longues phrases pour moi. TOUT doit parler !!! – mais tout ne parle pas. Même [...]
    landryjutier
Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.