Archive de Tag pour ‘Claude SIMON’.
Comme je déplace tout un tas de bouquins, entre Le Jardin des Plantes et Archipel et Nord, je retrouve une feuille de phrases relevées dans L’Invitation, emprunté dans la bibliothèque sous les 2 châteaux. Ca doit dater cette feuille, 1 an et demi presque vu qu’au dos y est évoqué le Printemps des Poètes de 09. Je tapote donc ces lignes et vais remettre la feuille entre les 2 Simon.
Et sans une ville, sans un hameau, sans une ferme, sans une route ni même un sentier, seulement rayé d’ouest en est par une voie de chemin de fer qui s’allongeait à perte de vue, absolument rectiligne.
…
gigantesque usine qui produisait en série les villes conçues par ordinateur, colonnades, fresques, statues, services de table, tasses à café et sucriers compris, distribués par trains entiers dans toutes les républiques de l’Union.
Claude Simon, L’Invitation
Lors des années parisiennes, je fréquentais les soldeurs du quartier latin, après la fac, ou après la librairie, ou avant. J’y ai trouvé des Butor, une BD d’Ubu merdre, …, et un petit liv(b)re sur Claude Simon dans une collection appelée Lieux de l’écrit qui propose de porter un regard nouveau sur l’espace des grands écrivains de notre temps. J’y pioche ce qui se dit au présent est passé & l’espace comme réceptacle :
L’espace recèle en lui le récit, recueil de faits passés à (re)cueillir.
…
L’imagination ne peut reconstruire au présent le passé, même, ou surtout, si elle suit les données d’un guide touristique. Aux signes conventionnels de la géographie, « petits traits en éventail », « lignes noires, épaisses prolongées par des pointillés» s’oppose l’état présent du lieu envahi par la végétation
Didier ALEXANDRE, Claude Simon, lieux de l’écrit, Ed. Marval
Dans Le Jardin des Plantes, Simon propose une suite, disons, de poèmes en prose, il tente même quelques ‘mises en page’ du texte (c’est d’ailleurs cela qui m’y avait attiré avant tout). Ici, suite de prose-poèmes de voyage en Finlande.
archipel ARCI-PELAGO : primitivement non ces innombrables grains de terre semés mais au contraire la vaste mer
comme si le sens s’était inversé Contenant pour le contenu Grèce à l’envers (et de même les deux drapeaux l’un à croix blanche sur fond bleu l’autre à croix bleue sur fond blanc) Comme un positif photographique et son négatif sablier le haut en bas où le vide est plein langage retourné comme un gant les coutures ici devenant saillies
Claude SIMON dans Archipel et Nord


