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Ma pensée à la forme du paysage

Je suis des lieux, je suis une expérience

Nous sommes, sommes de lieux, topologies

Le monde est la somme des projections de nos mondes intérieurs

Les lieux nous sont ce que nous en percevons

Dans l’emboitement désordonné de la ville

Quels espaces agissent sur mon être sensible ?

Je suis là, au monde, parce que le monde m’émeut

écouter le territoire, entrer dans l’incommensurable de l’espace

———-

vracs d’après lectures de Donner lieu au monde : LA POÉTIQUE DE L’HABITER, A. Berque, A. de Biase et P. Bonnin (dir), Editions Donner lieu

ouverture pour

point / ligne / surface
à Saint-Germain-des-Prés

 

Le texte suivant est un bref extrait de point / ligne / surface à Saint-Germain-des-Prés, étude géographique de Quant à Saint-Germain-Des-Prés, trente et un tanka sur la main d’après de Nicolas Grenier, à paraître en juin 2011 aux Éditions du Tanka francophone

(les textes en italiques (sauf les citations de G. Bachelard & Y. Bonnefoy)  sont des extraits du livre de Nicolas Grenier.)

————–

      

“Je possède d’autant mieux le monde que je suis plus habile à le miniaturiser.”
 G. Bachelard, Poétique de l’espace

       

 Saint-Germain-des-Prés, c’est une fabrique d’histoire(s), la grande (Childebert, l’Abbaye), les petite(s) (Monoprix).

Saint-Germain-des-Prés c’est de la géographie, aussi. Lire la suite »

(vrac de notes sur Abstraction au voyage d’Isabelle Butterlin)

« Il faut fournir un effort invraisemblable pour s’imaginer devenu point minuscule »

Lieu et traversée de l’espace ; Quel est votre lieu ? Comment le définissez-vous ? ; Qu’est-ce que l’espace entre deux lieux ? ; A force de répétition (du voyage) on s’intéresse de plus en plus aux détails, on précise/affine sa vue, ses observations, sa perception ; Abstraction du paysage par masses vertes ou ocres, en fonction ; Il y a le voyage et le but du voyage, peut-on les désolidariser ? ; Le voyage obligatoire et répétitif se transforme en trajet, en parenthèse, se perd alors l’excitation caractéristique au voyage ; Comment définiriez-vous un lieu ? ; Quel est votre lieu idéal ? De quoi se compose-t’il ? ; Wagon : non lieu ? Comme une gare… ; La géographie physique soumet au train des mouvements qu’il nous répercute, faisant tendre nos muscles pour garder un semblant de verticalité ; Wagon : lieu relatif.

Le voyage se fait dans l’espace. Le voyage est traversée de l’espace. Je relève dans Louis Lambert de Balzac : « Souvent, me dit-il, en parlant de ses lectures, j’ai accompli de délicieux voyages, embarqué sur un mot dans les abîmes du passé, comme l’insecte qui flotte au gré d’un fleuve sur quelque brin d’herbe. Parti de la Grèce, j’arrivais à Rome et traversais l’étendue des âges modernes. Quel beau livre ne composerait-on pas en racontant la vie et les aventures d’un mot ? » Je pense : un mot est un voyage. Un mot appelle d’autres mots, un mot est un ensemble de mots. Un mot est un ensemble de voyages.

Le paysage est une réduction, irrémédiablement. Le paysage-Aleph n’existe pas. Etant donné « la Terre est ronde », c’est une chose inimaginable, inconcevable, irréalisable. Et ce qui est mais qui est caché, qu’en faire ? Je repense à mon carnet de Géographies. Voici ce que j’y avais noté à propos de l’espace : L’espace : ce tout. Et c’est tout. Tout est-il dans l’espace, vraiment ?

Le paysage est l’homme ; « le paysage n’est pas fait pour être regardé, mais insertion de l’homme dans le monde » ; « Naturellement. C’est très important. Ca aide à s’en souvenir et aussi beaucoup à regarder sur le moment même. La photographie est quelque chose qui se passe en un temps très bref. On vise à travers l’appareil et on cherche. Puis il y a un moment où ça y est, c’est ça ! » dit Michel BUTOR ; « Naturellement, c’est trop bref pour qu’il y ait un discours conscient, c’est impossible. Mais il y a un énorme travail qui se fait là-dedans, et qui se voit très bien dans les photographies ensuite. « C’est fou ce que ce photographe a vu en cet instant » » poursuit-il. La photographie est le paysage par excellence, il y a un point de vue, un sens de vue, un cadrage. Mais la photographie n’est pas le paysage ; le paysage est les cinq sens en action, l’odeur du purin, le léger vent d’ouest, les oiseaux printaniers qui gazouillent, le chewing-gum à la menthe du moment, la chanson de William Sheller qui trotte dans la tête.

Traverser l’espace. Etre en mouvement. Entrer dans le paysage, le franchir jusqu’au paysage suivant. S’aperçoit-on d’ailleurs qu’on change de paysage ? Tous les paysages du monde ne formeraient-ils pas un seul et même grand paysage aux transitions subtiles ? Faire Comme Julien Gracq, prendre le grand chemin qui relie les paysages entre eux. Au hasard : « La route plonge et zigzague dans le pli creusé de la forêt et soudain se transforme en une rue pavée en lit de torrent » Les romantiques savaient les paysages ; Friedrich ; avec du Moi en eux, comme dans tout paysage. Gracq était une sorte de romantique allemand après l’heure ; « un peu quand même, non ? ». Finalement, le paysage est le lien entre l’espace et le lieu ; il est l’un et l’autre ; perspective spatiale et ancrage.

o Géographie : science de l’espace, science de l’espèce.

o La géographie est une science qui mesure la subjectivité du géographe.

o Faire de la géographie, c’est avant tout faire de la psychologie de l’approche spatiale.

o Géographie : arme de description massive.

o Chaque point de vue est une entrée sur la vision d’un territoire.

o Le territoire d’aujourd’hui est le résultat des choix d’hier et des visions du futur.

o De lieu en lieu, chacun tisse son itinéraire.

o L’homme fait les lieux, les lieux font l’homme.

o Il y a un itinéraire mental qui fait que les hommes vivent les lieux par leur savoir et leur imagination avant de s’y rendre (ou de ne pas s’y rendre).

o Le lieu est par lui-même, il est unique et évolue par ce qu’il est.

o Chaque lieu est le centre d’un monde.

o Le lieu n’est que parce que nous y sommes (réellement ou en pensée).

o Les lieux sont des poupées gigognes : on change d’échelle et un nouveau lieu apparaît.

o Délocaliser : c’est enlever d’un lieu et non pas enlever un lieu (ce qui serait une entreprise difficile).

vers mes NoTe&PaRSeS & AUTO-GÉO-GRAPHIE-S (en cliquant sur l’image)

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