Archive de Catégorie pour ‘Lignes de Peter HANDKE’.

Toujours à récupérer des passages dans La Leçon de la Sainte-Victoire, (il faut bien que je lui rende le livre, quand même !), je me laisse guider par mes notes et petits papiers indicatifs : par là : les plans, l’observation du paysage :

Souvent, il y a quelque chose de particulier à observer sur des surfaces éloignées: ces arrière plans, aussi uniformes soient-ils, changent aussitôt que dans l’espace libre au premier plan un oiseau, par exemple, s’envole. Les surfaces reculent et prennent forme de façon sensible; l’air entre elles et l’œil devient palpable. Ce qui est devenu sans objet à force d’être connu ou lié à un endroit précis, à force d’être appelé par son nom, le voilà qui pour une fois se situe à bonne distance; c’est « mon objet» avec son vrai nom.

Peter HANDKE, La Leçon de la Sainte Victoire

Depuis un moment, j’ai glissé quelques marque-pages dans cette Leçon de la Sainte-Victoire, de Peter Handke. Je reprends le livre et relève, page 40 :

A Delphes, où l’on supposait jadis le centre du monde, partout, dans l’herbe du stade, voletaient les papillons dans lesquels le poète Christian Wagner a vu «les pensées délivrées des morts sacrés”. Devant la Sainte-Victoire cependant, lorsque, dans l’espace libre entre Aix et le Tholonet, je me trouvai au milieu des couleurs, je pensai : « Le centre du monde n’est-il pas là où a travaillé un grand artiste plutôt qu’en des endroits comme Delphes ?

Peter HANDKE, La Leçon de la Sainte Victoire

En attendant de reprendre Mon année dans la baie de personne, je gravis la Sainte-Victoire accompagné du regard de Peter HANDKE sur le monde. Pas souvent de grands voyages extraordinaires chez Handke, des petits plutôt, et des paysages surtout. Je crois qu’on ne parle jamais de cet auteur du côté de chez les géographes…

Je manquais plutôt de gratitude envers les peintres de tableaux ; car ce que je croyais être le superflu avait plus d’une fois servi à guider mon regard et bien des choses étaient devenues images à la source de l’imaginaire et de la vie.

Peter HANDKE, La leçon de la Sainte-Victoire

Période Handke qui se prolonge. Déception des carnets, mais pas de ces entretiens. Très portés sur la géographie au début.

Dans le livre, les lieux, pour le lecteur, sont toujours autres, et plus vastes, et aussi plus fructueux, que si on l’emmène là en lui disant, comme lors d’un pèlerinage ou un voyage guidé, voici l’arbre ou … cela me gêne. Chacun, quand il a lu quelque chose, en a l’image en soi, et il se réjouit de cette image. Mais le modèle est toujours décevant, et plutôt importun, aussi. – Ou alors le lecteur trouve lui-même, il se met en quête et part à la recherche.

Peter HANDKE dans Espaces intermédiaires

Il lisait un essai d’explication du monde vieux de deux mille ans écrit par un naturaliste romain dans la langue duquel on trouvait encore “la douceur, le fondu” d’un poème. “Ainsi la matière faite d’un corps solide peut-elle être éternelle pendant que tout le reste se dissout.”

Peter HANDKE in Lent retour

Même pour son travail, il préférait le dessin à la photographie car ce n’est qu’ainsi que le paysage lui devenait compréhensible sous tous ses aspects; à chaque fois il était surpris par la quantité de formes qui se révélaient, même dans une étendue à première vue tout à fait monotone. De plus, une région ne lui devenait proche que lorsqu’il la dessinait ligne à ligne, de manière aussi fidèle que possible, sans les schématisations et omissions habituelles de sa discipline scientifique – alors, en toute bonne conscience, il pouvait dire y être allé.

Peter HANDKE in Lent retour

Découvert récemment, cet auteur. Par le gardien de but. Ce Lent retour qui n’est plus édité est trouvé par le plus grand hasard dans la petite bibliothèque de la ville aux 2 chateaux. Livre riche en géographie, on y reviendra. Une belle entrée, non ?, pour ce site.

Pendant la journée, grâce à son travail, il ne faisait plus qu’un avec lui-même et le paysage, il était “sur le motif “, il avait devant lui le lieu qu’il s’était choisi (“township”), c’est ainsi que s’appelait le terrain quadrangulaire, inhabité, sauvage où il exerçait son activité).

Peter HANDKE in Lent retour.

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