Archive de Catégorie pour ‘De la géographie dans l'art’.
La réalité n’existe sur une toile ou sur un mur que par le biais des conventions. Par conséquent, aucun artiste ne copie ce qu’il voit ; et nous autres spectateurs, nous imaginons voir ce qu’en fait nous connaissons.
Ernst GOMBRICH
9) LA DÉRIVE DES CONTINENTS
Depuis les hublots électroniques de notre satellite à orbite variable, nous suivons à travers les nuages les mouvements de nos anciennes patries. Non seulement elles ont largué leurs amarres et sillonnent les océans méconnaissables, mais leurs proportions ont changé. D’immenses villes se sont développées où il n’y avait que villages, et les montagnes ont grandi en proportion, dépassant largement l’ancien Himalaya. Par contre certains déserts se sont amenuisés jusqu’à devenir des terrains de jeux parmi vignes et vergers arrosés par les nouveaux courants. L’évolution des espèces végétales s’est furieusement accélérée. Botanistes et jardiniers s’épuisent dans leurs essais de classement et d’utilisation. Les animaux vont sûrement suivre. Quant aux hommes de la surface leurs réactions diffèrent de plus en plus des nôtres. C’est chez eux l’aventure et chez nous la stabilité.
Michel BUTOR in Géographie parallèle
(collaboration avec Marc JURT)
Au château, comme on reçoit des invit’ en tous genres, celle-ci m’interpelle. Carte et non, femme et non, jardin mais pas seulement. De la France l’artiste garde cette boucle de fleuve, son environnement d’un moment. Mais les flèches opposées ? puisque les cours vont vers l’Ouest…

Max ERNST, ‘Le Jardin de la France‘, 1962



