Le territoire est une kyrielle de tanka

ouverture pour

point / ligne / surface
à Saint-Germain-des-Prés

 

Le texte suivant est un bref extrait de point / ligne / surface à Saint-Germain-des-Prés, étude géographique de Quant à Saint-Germain-Des-Prés, trente et un tanka sur la main d’après de Nicolas Grenier, à paraître en juin 2011 aux Éditions du Tanka francophone

(les textes en italiques (sauf les citations de G. Bachelard & Y. Bonnefoy)  sont des extraits du livre de Nicolas Grenier.)

————–

      

“Je possède d’autant mieux le monde que je suis plus habile à le miniaturiser.”
 G. Bachelard, Poétique de l’espace

       

 Saint-Germain-des-Prés, c’est une fabrique d’histoire(s), la grande (Childebert, l’Abbaye), les petite(s) (Monoprix).

Saint-Germain-des-Prés c’est de la géographie, aussi.

Pas moins de cent rues / En ce lacis nonpareil

Dans ce Quant à Saint-Germain-Des-Prés, trente et un tanka sur la main d’après, Nicolas Grenier nous propose 31 et autres fragments de cet espace, qu’il donne à voir, par sa pratique en territoire.


du TANKA en géographie


Faire du tanka à Saint-Germain-des-Prés, c’est du saut des lieux. C’est, pour reprendre Jean Orizet, une dérive entre Orient et Occident.
C’est faire de la géographie car

Dans l’espace de l’instant vécu

(suivons Yves Bonnefoy
qui dit que) la caractéristique d’un texte bref est qu’il a une capacité accrue de s’ouvrir à une expérience spécifiquement poétique. En parlant d’instant, on se rapproche de la photographie, de l’immédiat. Et Yves Bonnefoy d’ajouter : “Le poème bref est à l’abri de cette tentation de prendre du recul par rapport à l’impression immédiate. Il est ainsi plus naturellement qu’aucun autre en mesure de coïncider avec un instant vécu.
Pas le temps de la réflexion. Juste ce qui est.

Au vif Monoprix / Les caddies se télescopent / Infra tiroir-caisse.

Car

Dans l’espace du rapport au monde

Le tanka, générateur du haïku, se découpait à l’origine en deux parties, la première évoquant la saison, la nature et la seconde un sentiment ou une émotion. Le tanka fait le lien entre l’homme et la Terre de par sa structure originelle : une partie sur la description de la Terre (partie donc étymologiquement géographique) et une partie sur la description de l’homme intérieur.

Au milieu du goudron vert / je souffle profondément.

Géographie humaine, donc.

Le tanka est un instant.
Le tanka est un fragment.
Le monde qu’on voit est une succession de fragments.

Le territoire est une kyrielle de tanka.

mars (& mai) 2011

————–

Bibliographie : Anthologie du poème court japonais (Ed. Poésie Gallimard) – Les Mots de la géographie (Ed. RECLUS) – Le territoire des philosophes (Ed. La Découverte) – Le haïku, la forme brève et les poètes français (Yves Bonnefoy, discours de réception du prix Masaoka Shiki, 2000).

 

Vous pouvez lire une critique de ce livre par ici : http://www.reseau-asie.com

About these ads

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s